| La valse
continue! "La valse des Empereurs". Et le bon
peuple est encore dans les gradins en regardant la belle
réception qui est encore donnée pour l'élite de la
population - un bal des Empereurs - les Empereurs sur le
plancher de danse avec leur valse, leurs beaux habits,
leurs beaux atours et notre bon gouvernement, lui, est
dans les loges des musiciens continuant à jouer du
violon pour faire danser les Empereurs pendant que le bon
peuple, à l'extérieur, écoute ses politiciens leur
jouer de beaux airs de violon, des valses tout en
regardant les Empereurs danser. Restons bien assis; danser c'est
bien trop fatiguant! Danser, tournoyer, ça pourrait nous
étourdir; on pourrait devenir malade et demain, nous ne
serions pas en forme pour aller travailler. Ça prend
quelqu'un, il faut que quelqu'un travaille pour faire
vivre ces Empereurs; voilà notre utilité! Pour nous,
danser ce n'est pas important, travailler c'est
important. Notre tâche est très importante. Il faut que
quelqu'un se sacrifie pour que nos Empereurs puissent se
payer tous ces beaux costumes, dignes de leur rang. Et
quand nos Empereurs auront fini de festoyer, danser et
fêter peut-être nos politiciens seront-ils conviés,
enfin l'espèrent-ils, à partager les miettes qu'ils ont
laissé tomber de la table.
Vous allez sans doute
trouver ce passage du manuscrit imagé; on a peut-être
changé d'époque, les gens ont changé, les costumes ont
changé, les siècles ont changé mais par contre, le but
des Empereurs reste toujours le même: conquérir,
asservir la population. Et utilisant les mêmes moyens
qu'autrefois pour dominer la masse de la population, les
Empereurs d'hier et les Empereurs d'aujourd'hui ont un
but commun, qu'ils s'appellent Napoléon, Mao ou Staline,
leurs buts sont toujours les mêmes: dominer et garder le
pouvoir à n'importe quel prix. Les Empereurs des temps
modernes se servent des seigneurs, placent des seigneurs
comme nos politiciens qui sont à leur service pour
dominer et exploiter honteusement les sujets qui sont la
population d'aujourd'hui.
Les sévices d'aujourd'hui
ne sont plus corporels, ils sont moraux, psychiques; on
ne fouette plus un sujet récalcitrant avec un fouet de
cuir, on le fouette avec son livre d'assurance-chômage,
on le fouette avec une sommation, on le fouette avec une
saisie, on le fouette avec une faillite. On envoie le
mari outre-mer se battre pour les vendeurs de canons; on
sort sa femme de son foyer pour l'envoyer travailler dans
des usines d'armement. Dans son pays, on divise les
familles, on fait travailler les enfants, on envoie ses
fils à la guerre, on envoie son mari à la guerre, on
envoie son ami à la guerre et puis, c'est pour le bien
de qui? Pour l'enrichissement de qui? On détruit des
villes entières pour qui, pour le bien-être de qui?
Sous quel prétexte? La liberté? Où est rendue notre
chère liberté aujourd'hui, en 2000?
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