| Comme
je le disais précédemment, plus nous sommes informés,
plus nous nous habituons à avoir de l'information, à
en avoir une indigestion. Mais, l'information nous a
conditionnés à répétition, à trouver normal les
malheurs dans le monde, à trouver normal nos malheurs
dans nos propres villes, à trouver normal le malheur de
nos proches. Si on prend un exemple: un pauvre qui vient
vous voir et vous demande la charité, vous allez lui en
donner. Si par contre, vous voyez cent pauvres qui
viennent vous voir en même temps pour demander la
charité, vous allez les regarder et vous allez dire, je
ne peux pas tous les aider. Et puis si je donne à un et
pas aux autres, c'est pas correct; donc, je ne donne pas,
bonjour. C'est la même chose avec la télévision. On
voit dans d'autres pays, la famine, la désolation, la
pauvreté mais maintenant c'est monnaie courante. Notre
télévision nous fait part des malheurs, des grands
cataclysmes et les gens disent: qu'est-ce que vous voulez
que j'y fasse, je ne peux rien y faire. Oui, la
collectivité peut faire quelque chose. Mais maintenant,
les gens du Québec, du Canada, ou des États-Unis sont
tellement préoccupés par leurs dettes ou la dette
nationale, que maintenant on a l'impression que c'est
toujours les mêmes qui paient. Les grosses compagnies,
elles, vont faire des dons par ce que c'est bon pour les
déductions d'impôts. Elles vont commanditer tel et tel
événement sportif car la publicité à la télévision
est bonne pour leur image. Mais par contre, enlever la
publicité ou enlever les déductions d'impôts, je me
demande si ces grosses compagnies, si les Empereurs de la
Finance, les hommes gris, auraient au moins le quart de
la générosité du simple peuple. Plus nous sommes
informés, moins nous sommes sensibilisés. Avant, nous
entendions parler d'un cataclysme: nous faisions des
collectes pour leur venir en aide. |