| On parle
aujourd'hui que si Mirabel ferme ses portes c'est de la
faute aux séparatistes, c'est de la faute au climat
incertain que le séparatisme cause; c'est de la faute à
l'instabilité du Québec si notre économie est
stagnante. On a toujours essayé de prendre le Québec
pis de "l'accoter" au mur; c'est pas
d'aujourd'hui. Dans
le temps du Haut et du Bas Canada, quand c'était le
temps des élections, étant donné que le peuple
québécois était populeux et que la religion était
très forte au Québec, et que les familles canadiennes
françaises avaient beaucoup d'enfants, beaucoup de
main-duvre bon marché. Dans ce temps-là les
anglais avaient un ou deux enfants, les envoyaient à
l'université, les envoyaient dans les grandes écoles
pendant que nos familles françaises étaient composées
parfois jusqu'à quinze enfants et qu'à l'instant où il
y en avait un d'un peu plus vieux, il partait, il allait
dans des usines pour travailler, pour aider sa famille.
Dans ce temps-là même les élections étaient pipées.
On faisait venir quatre ou cinq milles soldats
d'Angleterre, pas longtemps avant les élections et on
les faisait voter pour être capable de balancer le vote
anglophone et francophone et après on les retournait en
Angleterre.
Ça toujours été pareil
le principe de diviser pour régner, c'est pas
d'aujourd'hui. Si on regarde aujourd'hui, on pousse le
Québec; regardez ce qui se passe présentement. On a
toujours voulu semer la discorde; ce qui a toujours
favorisé le Haut Canada. Notre belle Confédération et
Ottawa ont toujours favorisé l'Ontario et le Haut
Canada. Si vous regardez que toutes les grosses
industries, les grosses subventions pour les compagnies
de transformation ont toujours été en Ontario.
L'Ontario a été développé; tous les produits finis
étaient en Ontario. On coupait le bois ici et on allait
en Ontario faire faire les meubles. Les sièges sociaux
étaient en Ontario; l'argent était en Ontario.
Avez-vous déjà pensé que
si un jour le système fédéraliste tombait au Canada,
qui aurait le plus à perdre? Tout ceux qui se défendent
avec l'énergie des mourants; les fédéralistes, les
députés du fédéral, les fonctionnaires du fédéral,
tous les amis grassement payés par le fédéral, c'est
ceux-là qui ont le plus à perdre. Si vous étiez dans
leur peau et si vous saviez qu'advenant la chute du
fédéralisme vous perdriez votre emploi, on ferait quoi
avec des députés-là. Ce sont eux qui ont le plus à
perdre dans cette histoire. J'ai l'impression qu'en
arrière de tous leurs buts qui semblent très nobles il
y a de l'intérêt personnel, plus peut-être que de buts
nobles. En entretenant un climat instable au Québec,
cela a toujours servi au déménagement des
maisons-mères à Toronto. On transfère des capitaux
dans des banques de Toronto. Cela a toujours servi à
ternir l'image du Québec tout en essayant de redorer le
blason de nos seigneurs d'Ottawa, de certains seigneurs
de Toronto. Et on le fait encore aujourd'hui quand nous
voyons que le Québec est en train de se donner des
leviers économiques, prendre la place qui lui revient
dans la haute technologie.
Maintenant qu'au Québec
nous avons nos leviers économiques, que nous avons une
industrie de pointe, une haute technologie, que de plus
en plus le soleil brille pour les Québécois, on sème
de plus en plus la zizanie ici. On s'amuse et on amuse
nos politiciens avec des conférences constitutionnelles,
des accords du Lac Meech, des accords de Victoria, on
nous dit qu'on est "trop petit" pour cela. Les
grenouilles du Québec qui vivaient depuis des centaines
d'années dans des mares d'eau stagnantes se sont
transformées en castors et ont construit des grands
barrages.
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