| Je disais un
peu plus haut dans le manuscrit qu'on nous avait traité
de coupeur de bois et de porteur d'eau dans le passé et
qu'on avait peut-être un peu raison; si on regarde dans
le passé tous les produits de nos richesses naturelles
soit l'acier, soit le bois: on coupait le bois, on le
chargeait dans des trains, on extrayait l'acier,
l'amiante, on chargeait cela dans des wagons, des
bateaux, et puis on les envoyait ailleurs en dehors du
Québec pour être raffinés, transformés en produits
finis. Même
dans les années où le Québec était très prospère,
je le sais car j'ai travaillé pour une compagnie qui
utilisait beaucoup d'acier, on était limité à avoir
des quota d'acier. Si on prend une province ou un pays
qui est en pleine expansion et on le limite à avoir
certains quota d'acier, passé ce quota, on ne trouve
plus d'acier sur le marché du Québec ou du Canada, on
doit l'importer sur les marchés d'Europe. Par ce que nos
belles compagnies d'Hamilton se gardaient une grosse
partie de l'acier pour leur propre expansion et une
grosse partie de l'acier était envoyée aux États-Unis
pendant qu'au Québec on nous limitait à des quota
d'acier.
Quand on pense que l'acier
est un produit excessivement utilisé, quand on pense que
dans ces années-là on était limité à certains quota,
donc notre expansion était limitée à certains quota ou
on était obligé d'importer des produits, qui une fois
ici, n'étaient plus compétitifs; donc on ne devenait
plus compétitif et on nous limitait dans notre
expansion. On extrayait l'acier de la terre, on le
mettait dans des wagons, on l'envoyait en Ontario à
Hamilton pour être raffiné, pour être travaillé, pour
être capable de nous revendre ici des produits finis. On
achetait notre acier comme dans le temps de Duplessis qui
l'avait vendu à quelques sous la tonne, pour être
envoyé en Ontario où il était traité, travaillé et
on nous le revendait à vingt-cinq sous la livre. Le plus
logique aurait été de construire une aciérie lourde
près des mines de fer mais non, quand M. René Lévesque
a parlé d'étatiser l'électricité, cela a créé tout
un émoi.
A un moment donné, M.
Lévesque rêvait d'avoir une aciérie lourde pour donner
des leviers à l'économie du Québec mais on a
préféré "taponner" avec Bécancourt, on a
préféré "taponner" avec la Sidbec-Dosco et
vous voyez ce que cela a donné.
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