Des Milliards pour les Banquiers
Les Empereurs de la Finance
- par Pierre-Paul Ouellette - 
Privatisation: un piège
  Que tous les hommes de bonne volonté qui veulent que les choses changent s'unissent au lieu de rester en solitaire et choisissent le cri de ralliement des Mousquetaires: 

"Un pour tous et tous pour un". 

Si vous avez aimé ce manuscrit, et même si ce n'est pas le cas, parlez-en à vos amis. Il ne faut pas qu'il dorme sur une tablette, sinon il restera muet à jamais.

Voyez la vente du C.N. à l'entreprise privée. Combien d'argent a été dépensé, englouti dans le C.N. pour voir aujourd'hui que mille cent travailleurs des ateliers A.M.F. de Pointe-St-Charles dans le sud de Montréal, après seize heures de négociation intensive avec les nouveaux propriétaires et le syndicat qui a négocié une convention à rabais pour les cinq premières années pour être capable de garder les emplois, de garder l'usine ouverte devant les nouveaux propriétaires qui viennent de s'emparer encore des joyaux canadiens. Maintenant, les syndicats sont rendus à négocier des conventions à rabais. Toujours de plus en plus à rabais.

Je disais que la privatisation du C.N. créerait du chômage: "Tout juste privatisé, le Canadien National a annoncé hier son intention de supprimer une moyenne de mille postes au cours de chacune des quatre prochaines années dont mille cinq cents en 1996. Dans le cadre de son programme de restructuration, le C.N. abandonnerait et se départirait d'au moins trois mille deux cents kilomètres de voie ferrée au cours de l'année, la moitié dans l'est du pays et l'autre dans l'ouest. Les coupures prévues au cours des quatre prochaines années s'ajoutent aux 11,000 postes supprimés par le C.N. depuis novembre 1992. Une fois complétées, les 1500 mises à pied prévues pour 1996, les effectifs ferroviaires seront de 22,499." Après cela on va défaire les rails de chemin de fer qui ont coûté des millions à nos grands-pères et quand nous allons décider, à un moment donné, que peut-être la nouvelle voie serait le transport par train pour éviter que nos routes soient détruites, pour éviter la pollution, pour éviter tout ce qui s'en vient; on n'a même pas les moyens d'entretenir nos rails, comment aurons-nous les moyens d'en reconstruire de nouveaux? Par ce que ne vous imaginez pas que les Empereurs de la Finance qui auront mis la main sur le C.N. vont débourser de leurs poches pour faire construire de nouveaux rails. Comme pour le péage que l'on a enlevé des autoroutes.

On pense, aujourd'hui, qu'il serait bon de remettre le paysage sur les autoroutes mais ça va nous coûter combien de reconstruire les postes de péage que nous avons démolis. On parle de privatiser les écoles avec des collèges privés, de privatiser les hôpitaux, obliger les gens à prendre des polices d'assurance. Quand on regarde la privatisation comme le C.N., il y a même des petits fûtes qui auraient pensé de privatiser les autoroutes ou les routes. Imaginez-vous. Et puis on essaie de nous en faire avaler des couleuvres semblables. Voyez-vous, en 1994, le C.N. avait fait deux cent quarante-cinq millions de profit, ce résultat fait suite à un bénéfice net; mais cette année, en 1995, ils ont fait un milliard quatre-vingt-cinq millions de perte; ceci est largement dû au coup de remboursement et de rachat de sa dette. Donc les propriétaires du C.N. rachètent la dette, déclarent une perte de un milliard quatre-vingt-cinq millions. Mon père et mon grand-père disaient toujours: "quand tu paies tes dettes, tu mets de l'argent en banque". On crée des pertes en mettant de l'argent en banque. C'est exactement comme si, dans mon rapport d'impôt, je disais au gouvernement que j'ai remboursé mon hypothèque, remboursé l'emprunt pour l'achat d'une automobile, remboursé mes cartes de crédit, donc cette année j'ai fait une perte de vingt-cinq milles dollars, je ne vous dois pas d'impôt. J'ai l'impression que les gens d'Impôt Canada ne verraient pas cela du même oeil. Mais par contre, lorsqu'une compagnie fait un déficit d'un milliard quatre-vingt-cinq millions, on considère cela comme une perte; cela s'appelle une échappatoire.

Les compagnies créent des pertes fictives en payant leurs dettes; c'est pas logique pour un simple citoyen mais c'est logique pour les Empereurs de la Finance.

Nos gouvernements donnent des PRIVILÈGES SPÉCIAUX aux ÉLITES!

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Le Dérapage

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