| Toutes les
grandes inventions dans le monde, on le sait, n'ont pas
été faites par des ingénieurs mais par des ingénieux.
Les ingénieurs font des études en génie; ils utilisent
la somme de la connaissance des ingénieux. L'animal se
fie à son instinct, l'homme simple se fie à son
instinct. Les grandes inventions étaient faites par des
hommes simples. Un homme extraordinaire est une homme
ordinaire qui fait des choses d'une façon
extraordinaire. Un
bon politicien c'est une personne qui est capable de
parler pendant des heures, de ne jamais répondre à vos
questions et de ne jamais rien dire. Vous allez jaser une
heure avec lui et vous ne serez pas plus avancé quand
vous aurez fini de discuter. C'est pareil pour les
économistes; ils nous noient dans une montagne de
chiffres. Au départ, vous leur demandez combien font
deux plus deux; ils vous parlent pendant des heures, vous
noient dans une masse de chiffres et à la fin, vous
n'êtes plus certain que deux plus deux font quatre. Si
on additionne, on soustrait, on multiplie, on divise, on
en arrive nous-mêmes à ne plus savoir si deux plus deux
font quatre. Pourtant, au départ c'était si simple.
Je pense depuis quelque
temps que nous devrions former un regroupement du peuple
comme pour les syndicats des travailleurs qui se sont
syndiqués, unis (au début cela était des unions) pour
se défendre contre les employeurs abusifs. Il serait
temps que la population s'unisse dans une forme de
ralliement non pas un parti politique. Comme je le disais
déjà, parti veut dire partie du peuple. Un syndicat de
la population, un syndicat du citoyen, appelez-le comme
vous le voudrez. Un regroupement d'associations qui
serait institué pour protéger la population contre les
Empereurs de la Finance et leurs seigneurs qui sont nos
politiciens et leurs sbires qui sont les hauts
fonctionnaires. Car aujourd'hui beaucoup d'employeurs
veulent discuter avec leurs employés, surtout les P.M.E.
On appelait cela des Petites et Moyennes Entreprises
mais les fonctionnaires et nos chers élus appellent cela
maintenant des Petites et Minables Entreprises. On sait
que les petites entreprises sont le moteur de notre
économie; elles créent des emplois. Nos gouvernements
préfèrent donner des subventions à coup de millions à
des grosses compagnies, des multinationales et nous
donner l'illusion qu'ils créent des emplois
temporaires pour être capables de se moderniser,
s'automatiser à même nos deniers, et après créer du
chômage ou prendre la machinerie, l'équipement qu'ils
se sont achetés. Et c'est arrivé plusieurs fois dans le
passé, qu'ils se sont acheté ces équipements avec des
subventions, des deniers publics, se retourner, prendre
la machinerie et la transférer dans des pays où ils
pourraient encore mieux exploiter le monde avec de la
bonne machinerie qui a été payée par le peuple du
Canada, du Québec, des subventions que nos politiciens
et nos fonctionnaires avaient si généreusement mis à
la disposition des "aspirants" Empereurs de la
Finance.
Pourquoi chaque secteur de
travailleurs forme-t-ils chacun son parti? Pourquoi
diviser nos forces à l'intérieur des travailleurs comme
nous le faisons présentement à l'intérieur des partis
politiques? Nous devrions former un syndicat de citoyens
qui travaillerait en accord avec les syndicats ouvriers;
quels que soient les syndicats ouvriers représentés.
Les syndicats ouvriers sont comme la politique: l'un
représente une masse de la population, l'autre une autre
masse de la population et à la fin du compte, même nos
syndicats quelquefois font du maraudage et en arrivent à
se faire compétition. Encore le vieux principe face aux
gens. Les Empereurs de la Finance qui sont, eux, tous
unis avec le même but: le pouvoir et le contrôle de la
population.
Si je prends, par exemple,
les syndicats d'ici: syndicat des ouvriers de la
construction, syndicat des infirmières, syndicat des
enseignants, etc., etc., etc.; ils sont comme des partis
politiques: ils représentent une partie de la
population, une partie divisée, quelquefois déchirée.
Même que M. Chevrette parlait d'un protecteur du peuple
pour protéger les gens contre les municipalités, au
lieu de se contenter d'un protecteur du peuple nommé par
le gouvernement et qui à n'importe quel moment, s'il
devenait trop efficace, on lui couperait les fonds.
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