| Quand on dit
que huit cent mille personnes vivent de prestations. On
sait que de plus en plus, on ne pourra pas continuer dans
ce sens-là. De toute façon c'est comme une forme de
subvention du gouvernement, une subvention de la
société. Pourquoi ne pourrions-nous pas remettre une
partie de cette subvention, de cet argent dans le
"pot"? Sous toutes sortes de formes de travaux
communautaires. On
se plaint que dans les hôpitaux il manque du personnel,
on n'a plus d'argent pour payer le personnel, on fait des
mises à pied; on n'a plus d'argent pour s'occuper de nos
vieillards. On subventionne nos jeunes par ce qu'ils
n'ont pas d'emplois. Pendant qu'ils n'ont pas d'emplois,
ils n'apprennent rien. La plus part du temps ils n'ont
que la rue en partage. On regarde dans les journaux, on
lit: "Les futurs aînés devront se créer des
familles de remplacement pour échapper à la
solitude." En s'unissant, combien de choses
deviendraient-elles possibles? Bâtir des abris pour les
itinérants, réparer des fermes à l'abandon tout en
aidant les fermiers à ramasser les légumes qui
pourrissent dans le champ et même à en distribuer une
partie aux plus pauvres au lieu de les laisser pourrir.
Réparer les routes, réparer les bâtiments
gouvernementaux, peinturer des ponts. Quand on voit que
l'on peinture des ponts avec une peinture d'une certaine
qualité qui ne dure pas, et qu'un an après ça serait
presque à recommencer.
A Montréal, combien y
a-t-il de réparations qui ne sont pas faites faute
d'argent? Fournir du personnel dans les hôpitaux,
centres d'accueil pour personnes âgées, le transport
des écoliers, des handicapés, des travaux de
dépollution, construire des installations pour
l'assainissement des eaux qui présentement nous coûtent
des milliards; combien de gens de la construction sont
présentement sans travail. Si on réduisait le coût du
social, le coût des dépenses gouvernementales en
sensibilisant nos fonctionnaires d'arrêter de gaspiller.
Si on avait un bassin de main-duvre qui
pouvait faire des travaux à moindre coût. Il y a des
gens qui m'ont déjà dit: "Bien non Pierre-Paul,
les gens qui vont faire ces travaux-là, vont créer plus
de chômage en prenant la place des travailleurs du
secteur." A l'heure actuelle, on n'a plus d'argent
pour faire ces travaux donc, automatiquement, le chômage
est déjà là.
Mais par contre, on
pourrait faire beaucoup plus de choses si on se servait
du bassin de main-duvre déjà sur le
chômage. Les matériaux dont on se servirait pour
fabriquer, pour réparer, pour construire devraient être
fabriqués par quelqu'un. Au lieu de prendre de la
main-duvre et réparer nos routes à gros
prix, on pourrait faire plus de réparation, plus de
construction, plus d'amélioration. Si on réussissait à
remettre l'économie en marche avec ceux qui fabriquent
les matériaux, beaucoup d'industries connexes
redémarreraient. On pourrait faire redémarrer
l'économie. Ça serait une forme de démarrage.
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