| Le Québec
s'est donné des leviers économiques mais ce qui me fait
le plus peur, en 1996, c'est la tournure des événements
depuis le 30 octobre 1995, après le référendum. Dieu
nous a protégés en faisant que le référendum soit
presque un match nul. Quand je vois nos politiciens à
Ottawa, quand je vois l'innocence, l'irresponsabilité
des politiciens comme Jean Chrétien, l'ignorance de
Daniel Johnson face à des gens comme Preston Manning qui
prône la révolte, le règlement par les armes, qui
menace le Québec si le Québec faisait un autre
référendum; des gens qui veulent morceler le Québec,
créer des frontières, envahir le Québec par les armes
s'il le faut. Quand je vois notre gouvernement central
qui écoute cela sans réagir; que depuis des centaines
d'années le Québec fait partie du Canada; que le
Québec revendique de devenir un peuple souverain ou une
société distincte. Depuis maintenant presque trente
ans, les québécois ont toujours agi d'une façon
démocratique; que l'on parle encore d'agir d'une façon
démocratique, et que ces gens-là nous disent qu'ils
vont agir d'une façon antidémocratique en nous
attaquant, en nous forçant à résister. Mais quand je
vois nos dirigeants, comme Jean Chrétien qui devrait se
lever du haut de sa tribune de Premier Ministre de ce
pays et dire que le Québec et le Canada, depuis des
centaines d'années, vivent dans la paix.
Depuis 125 ans que le
Québec est un peuple, depuis 125 ans que le Québec et
le reste du Canada ont vécu dans la paix et
qu'aujourd'hui ces gens-là voudraient venir envahir le
Québec. Notre Premier Ministre qui a voyagé partout
dans le monde, n'a pas encore assez d'exemples devant les
yeux; voyez en 1995 les morts, frères contre frères, la
destruction partout. Comme je l'ai déjà dit, l'homme va
t-il tirer son expérience ou une leçon des faits
historiques précédents pour ne pas répéter les mêmes
scénarios? Voyez la Bosnie, les horreurs. Pourquoi? Des
choses qui pourraient arriver ici à Montréal. Le vieux
principe de diviser pour régner. A Montréal, cela
serait les immigrants d'une certaine nationalité contre
les québécois, les anglophones contre les francophones,
les fédéralistes contre les souverainistes ou les
séparatistes.
On veut créer une autre
Bosnie. M. Bouchard, avec des hommes de bonne volonté au
gouvernement du Québec, nous n'aurions plus besoin de
référendum! Les québécois, ensemble, nous pouvons
bâtir un pays fort: un Québec fort dans un Canada fort,
en le faisant comprendre aux anglophones de l'ouest. En
bâtissant un Québec fort. Cela veut dire que tous les
invités (je considère qu'un immigrant est un invité)
qui sont venus au Québec partager notre maison devraient
avoir une place. Rapetissons la province à l'échelle
d'une maison; on a invité ces gens à venir partager
notre maison, on va créer un climat pour que tout le
monde soit heureux dans cette maison; on va arrêter de
rester sur nos positions. Il n'y a jamais de solution à
un problème tant qu'il n'y a pas de dialogue. On n'a pas
besoin de faire l'indépendance; on n'a qu'à dire que le
Québec, tous ensemble: francophones, anglophones,
allophones, immigrants venus ici dans l'espoir de vivre
dans un pays en paix, si nous nous unissons en faisant
comprendre aux gens des autres provinces que nous les
gens au Québec, on est unis. Les gens des autres
provinces, les anglophones ou les francophones,
minoritaires ou non dans leur province, s'unissent, ne
jouent pas le jeu des politiciens qui eux jouent le jeu
des Empereurs de la Finance.
A qui profiterait une telle
instabilité quand nous savons qu'aujourd'hui à quoi
servent nos grandes organisations pour la paix? Vous
n'avez qu'à aller à Longue Pointe regarder tous les
chars d'assaut peinturés en blanc avec l'inscription de
l'O.N.U., mais il reste que ce sont toujours des chars
d'assaut. Ils jouent encore à la "gué-guerre"
pour imposer une paix. La paix ça ne s'impose pas, cela
va de soi.
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