| Si les gens
étaient sensibilisés au bien-être de la collectivité,
au respect du bien public, à l'autodiscipline
d'honnêteté envers les programmes publics, à savoir
qu'ils ne peuvent pas toujours abuser du système
impunément; si les gens pouvaient comprendre que tôt ou
tard il va falloir que cela cesse. Par ce qu'une femme monoparentale
avec trois enfants à charge, sans revenus, elle a
vraiment besoin d'assistance sociale. C'est une
assurance. Mais quand nous voyons des familles qui de
génération en génération, de père en fils, de mère
en fille reçoivent l'aide de cette assurance sans jamais
vouloir faire un effort pour travailler ou en remettre un
peu à la collectivité, c'est aberrant. Tôt au tard ces
gens vont souffrir au même titre que les gens qui sont
vraiment nécessiteux. Il faut créer une conscience
sociale au plus vite, car c'est presque devenu normal de
se dire que c'est aussi bien que ce soit moi qui en
profite que quelqu'un d'autre; si ce n'est pas moi c'est
certain que c'est quelqu'un d'autre qui va en profiter à
ma place. Pourquoi je me sacrifierais pendant que des
hauts fonctionnaires et que des politiciens s'en mettent
plein les poches, pourquoi moi je ne m'en mettrais pas
plein les poches?
Si des gens bénéficiaires
du bien-être social étaient plus sensibilisés et que
les parents disaient à leurs enfants, non vous irez
travailler au lieu de vivre du bien-être social; quand
une personne est en santé et qu'elle ne travaille pas
simplement par ce qu'elle ne veut pas travailler, si les
parents disaient non tu ne retireras pas de bien-être
social, tu ne retireras pas d'assurance-chômage par ce
que tu as deux emplois, tu n'as pas le droit de
travailler au noir, cela règlerait une partie du
problème social. Mais quand les parents ne travaillent
pas de génération en génération et reçoivent de
l'aide ils ne peuvent pas demander à leurs enfants de ne
pas tricher quand ils le font eux-mêmes.
Combien de gens profitent
du système d'assurance-maladie, de la CSST? Des gens qui
peut-être se font mal en jouant au hockey et font croire
qu'ils se sont blessés au travail ou qui sont
pratiquement rétablis mais qui font croire que les
douleurs persistent. Mais si les gens se rendaient compte
qu'en s'aidant, ils aident aussi le gouvernement. Combien
de choses pourrions-nous faire en s'unissant et en s'auto
disciplinant?
C'est plus difficile de
faire le bien que de faire le mal, souvent en tout cas.
Si dans les réunions de famille c'était un sujet
courant que de dire: comment se fait-il que tu reçoives
de l'assurance-chômage et que tu travailles? C'est pas
honnête. Si les gens se rendaient compte que tôt ou
tard nous allons tous payer pour ce mode de vie
éphémère. Ils y en aura pour dire: Pierre-Paul, c'est
utopique. Je pense que ce n'est pas de nous demander de
s'auto discipliner et de créer un monde où il y aurait
moins de tricherie qui est utopique, ce qui est utopique
c'est de penser que c'est le déroulement actuel des
choses qui va durer, de penser que jamais cela ne va
cesser, que le robinet va toujours être ouvert et qu'il
y aura toujours de l'eau claire. Si vous asséchez le
puits, tôt ou tard, l'eau va manquer. Nous sommes rendus
au point où l'on coupe dans les services nécessaires
pour essayer de continuer à faire vivre des gens qui
abusent du système. Si on peut se réunir et mieux
répartir les richesses, donner à ceux qui en ont
vraiment besoin, probablement que nous pourrions vivre et
vieillir en toute sécurité. Quand nous voyons que des
millionnaires reçoivent la même pension de vieillesse
(sinon plus) qu'un ouvrier qui a toujours travaillé au
salaire minimum sans avoir la possibilité de se ramasser
une retraite confortable, c'est à n'y rien comprendre.
|