| Ce
n'est pas facile, j'en conviens. Ce n'est pas facile de
voir mourir de faim des innocents, de voir des vendeurs
de canons passer à la télévision comme des héros. Des
vendeurs de canons passer au dessus de millions de morts
et de blessés, dans leur jet privé. Je suis tanné de
voir ces banquiers se promener dans leur limousine loin
des quartiers des affamés. De voir des reportages, tous
ces itinérants dormir la nuit sur le trottoir, de voir
des gars sur le chômage et de me dire que c'est gens-là
ne demandent qu'à travailler; de voir un père de
famille s'arracher les cheveux pour joindre les deux
bouts, et d'autres personnes bien nanties leur dire:
"vous n'aviez qu'à ne pas vous endetter"
Quand on
envoie une carte de crédit à ma fille qui a vingt ans,
qui est encore étudiante; de voir des fonctionnaires du
gouvernement très bien payés, chercher des solutions
pour en enlever le plus possible à ceux qui sont sur le
bien-être social. Comment voulez-vous qu'un père de
trois enfants qui travaille dans une usine au salaire
minimum, qui gagne un 240 $ par semaine, avec une femme
et trois enfants puisse vivre décemment. Si on prend ce
même homme et on le met sur le bien-être social, il
aura la gratuité des médicaments, les soins dentaires,
l'aide juridique, je ne blâme pas le type car pour lui
c'est mieux d'être sur le bien-être que de travailler.
Pouvez-vous blâmer un homme, un être intelligent, d'en
avoir moins à travailler. On ne peut pas dire que cet
homme-là est un paresseux, c'est une personne
intelligente. C'est le système qui veut cela.
Comment se
fait-il que dans le temps de nos grands-parents et nos
parents, ils ont pu construire des routes à travers les
montagnes, mettre du bitume sur les routes, passer
l'électricité dans les compagnes, la ligne
téléphonique, construire des barrages, des hôpitaux,
des écoles, des églises, des cathédrales même avec
seulement une taxe de vente. Quand nos voyons aujourd'hui
nos politiciens qui reçoivent des milliards en impôts
et qui ne sont même plus capables d'entretenir ces
routes, ces écoles et ces hôpitaux, quand nos
grands-pères avec une taxe minimum avaient construit ces
mêmes hôpitaux. Par ce que nos grands-pères, et nos
grands-mères, et nos parents savaient administrer. Un
politicien qui reste plus de vingt ans comme Premier
Ministre, c'est presque de la dictature. Quand je médite
les paroles de Lincoln dans la constitution américaine:
"un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le
peuple". Pour moi ces paroles veulent dire beaucoup.
J'ai l'impression que nos politiciens ont perdu de vue
le but pour lequel ils avaient été élus. Quand John F.
Kennedy a dit: "Ne demandez pas à l'État ce que
l'État peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous
vous pouvez faire pour l'État." Tous ensemble, on
peut faire quelque chose pour l'État. On peut dire au
gouvernement, d'une façon pacifique:
NON!
ASSEZ C'EST ASSEZ !
Nous allons nous
unir tous et vous allez devoir nous rendre compte de tous
vos gestes. A tous les ans nous avons un auditeur qui
vérifie le gouvernement. Au lieu d'avoir un protecteur
du peuple élu pour nous protéger de nos gouvernements,
nous devrions avoir non pas un mais plusieurs protecteurs
du peuple qui seraient à l'intérieur du gouvernement
pour scruter les finances à la loupe et qui, dès qu'il
y a un scandale, en feraient part à la population. De
jour en jour, on regarde ce qui se passe autour de nous
et puis on a l'impression de ne pouvoir rien faire, que
personne ne peut rien faire, que tout le monde prêche
mais prêche dans le désert. Tous ensemble, si on se
réunit, on peut aider les petits à se défendre contre
ce système sourd, aveugle, sans cur, sans âme. On
peut former une association du peuple, par le peuple,
pour le peuple comme Lincoln le disait. Des milliers
ensemble pour s'aider, s'entraider.
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