| Les
travailleurs du Québec se sont formés des centrales
syndicales québécoises dirigées par des québécois.
Nous voyons le bien que la FTQ fait présentement avec le
Fonds de Solidarité et comment la Caisse de dépôt et
de placement contribue à nous donner des leviers
économiques solides et enviables. Malheureusement,
lorsque j'entend que la Caisse Populaire Desjardins veut
embarquer dans la ligue majeure des banques et risquer de
perdre l'argent des québécois dans une aventure
semblable, ça me fait frémir. Alphonse Desjardins,
s'il était encore vivant, jamais n'accepterait cela. Il
a créé la Caisse Populaire justement pour nous
défendre des banques. Quand Alphonse Desjardins a fondé
la Caisse Populaire c'était pour aider les petits.
Aujourd'hui, les gens de la Caisse Populaire refusent
d'ouvrir des comptes aux "petits membres" ou à
des gens dont la solvabilité est douteuse. Même pour
quelqu'un qui a été en faillite, la Caisse Populaire
lui refusera d'ouvrir un compte. Quand nous savons
qu'Alphonse Desjardins, au début, se révoltait de voir
comment les banques pouvaient traiter les gens, les
mettre en faillite ou les saisir pour des pacotilles.
Aujourd'hui la Caisse grossit, elle veut entrer dans la
ligue majeure des banques; j'ai l'impression qu'un jour
M. Béland devra s'asseoir avec le peuple et comprendre
que la Caisse Populaire Desjardins est en train d'oublier
ce pour quoi elle a été fondée, ses origines et ses
buts. M. Béland, s'il vous plaît, n'embarquez pas dans
la ligue majeure des banques avec la philosophie des
banques car si un jour le peuple veut vraiment faire une
action positive pour montrer aux Empereurs de la Finance
qu'ASSEZ, C'EST ASSEZ.
Si tous les québécois
retiraient leur argent de toutes les succursales
bancaires et le déposait à la Caisse Populaire qui nous
appartient, et si les gens demandaient demain de
résilier le contrat d'assurance et s'assuraient avec la
Caisse Populaire Desjardins, si demain une majorité de
la population désirait retirer leur hypothèque des
banques pour la transférer à la Caisse Populaire
Desjardins, qu'est-ce que serait pour certains Empereurs
de la Finance cette nouvelle mentalité de la population.
Et je parle simplement au Québec. M. Béland n'oubliez
jamais que la Caisse Populaire Desjardins est issue du
petit peuple que ce soit un homme, une institution ou
quiconque, n'oubliez jamais d'où vous êtes issu
indépendamment d'où vous êtes rendu dans la vie.
Alphonse Desjardins était un visionnaire qui a créé
une grande oeuvre; une oeuvre magnifique. La Caisse
Populaire est maintenant, peut-être un empire, mais il
ne faut pas pour autant devenir un Empereur. Quand je
vois de grandes banques venir nous dire comment voter et
où voter, ou de grandes entreprises nous dire on est
trop petit pour être ceci ou être cela. Quand je vois
ces banques-là venir me dire où voter et comment voter,
en réponse je leur dirais: oui, je ne sais peut-être
pas où voter mais je sais où déposer.
La Caisse Populaire
Desjardins nous appartient, c'est à nous, peuple du
Québec. Pourquoi aller déposer et faire fructifier
notre argent dans d'autres pays tandis que l'on peut
aider notre pays à faire fructifier notre argent. Si
vous regardez le principe des banques, de toutes les
institutions financières, toutes ces institutions-là
ont grossi avec nos économies, sont devenues des empires
avec nos économies en nous donnant le moins d'intérêts
possibles, et elles, en collectant le plus d'intérêts
possibles. Pourquoi est-on rendu maintenant à envoyer
des cartes de crédit à ma fille qui a vingt ans et qui
est encore étudiante? Par ce que le taux d'intérêt sur
les cartes et les comptes non payés est pratiquement un
taux d'usurier avec la complicité et l'accord de nos
dirigeants: notre bon gouvernement. Avec les compagnies
d'assurance qui collectent au maximum et qui paient le
minimum. Quand nous voyons dans les journaux qu'une veuve
n'a pas retiré la prime par ce que son mari s'achetait
quelques cigares et qu'il avait déclaré qu'il était
non-fumeur. Une autre personne qui avait déjà eu un
malaise cardiaque mais on lui avait dit qu'il n'était
pas cardiaque, mais par contre est mort d'une crise
cardiaque, il l'avait caché à la compagnie d'assurance.
Quand on assure votre automobile et que l'on regarde la
valeur assurée, la valeur pour laquelle on la paie. Nous
regardons ces choses-là et nous continuons des
assurances-vie, des assurances automobiles; on fait
fructifier cet argent, on fait de l'argent avec notre
argent par ce que nous, du peuple, c'est pas normal de
faire de l'argent avec notre argent. Souvent, on a peur
d'avoir peur; les dirigeants aussi ont peur d'avoir
peur.
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