Présentation de la

DÉMOCRATIE CONTRACTUELLE

à la CSLE le 2 mars 2006 à Dorval

 


Il faut donner sa juste place et sa juste envergure à la Démocratie Contractuelle. L'évolution de la pensée politique au Québec ne peut se faire sans un sérieux face à face entre les deux intérêts opposés; les partis politiques dominants et les citoyens. Cela ne peut se faire en quelques minutes.

Il est d'une importance absolument cruciale de permettre à toutes associations citoyennes sérieuses de bien faire valoir leur point de vue devant la Commission spéciale sur la loi électorale, même quand on sait qu’un grand nombre de députés actuels de parti ne veulent pas vraiment que les choses changent.
      
  

Imaginez la Commission spéciale sur la Loi électorale,

si elle avait pour idéal une nouvelle société et

si elle obtenait à travers ce mémoire

les réponses à ses énigmes.


1 -  Nos préoccupations


Les questions posées à la Commission spéciale sur l'avant-projet de loi remplaçant la Loi électorale entretiennent l'idée qu'on peut améliorer le régime actuel à l'aide de modifications qui, neutralisant certaines imperfections, renforceraient le pouvoir des citoyens.

Pour l’Association Démocratie Contractuelle, cette idée est porteuse de dérives et, en bout de piste, elle ne permettra pas de rendre aux citoyens le pouvoir qui leur revient, ce qui nous apparaît l'objectif recherché par les citoyens! Il ne faudrait pas que la réforme de nos institutions démocratiques actuelles par le gouvernement libéral soit perçue par la population Québécoise comme un simple remplacement de la Loi électorale tel que décrit dans le pamphlet distribué à tous les foyers du Québec par l'Assemblée Nationale!

S'agissant précisément du pouvoir des citoyens, la première chose qu'il importe est de mettre de l'avant un processus qui permettra à ces derniers de délimiter le cadre à l'intérieur duquel ils entendent se gouverner. Les États Généraux sur la réforme des Institutions Démocratiques auraient pu l'être ce processus. L’avant-projet de loi remplaçant la Loi électorale pourrait l’être aussi, mais seulement s’il conduit à adopter un régime vraiment démocratique et représentatif tel que celui proposé dans le mémoire de la Démocratie Contractuelle.

Pour faire cela, les citoyens doivent être informés des tenants et aboutissants de chacun des deux principaux régimes politiques connus en Occident : le parlementarisme britannique et le régime démocratique de type présidentiel. Le régime d'inspiration britannique ne donne pas le pouvoir aux citoyens car ces derniers n'y sont que des sujets consommateurs de programmes peaufinés par des experts sur l'art de gouverner, alors qu'un régime présidentiel a le mérite d'instituer le citoyen au centre de la vie politique et de mettre à son service, les experts comme les élus.

Le régime politique à l'intérieur duquel nous nous agitons n'est pas notre régime politique. Il relève d'une autorité sur laquelle nous n'avons pas un pouvoir réel. L’espace politique n'a pas la qualité souhaitable. Le corriger ne changera pas cette réalité et risque, de surcroît, de nous donner l'impression de nous sentir davantage confortables et heureux d'être gouverné de manière acceptable. Sortir du régime actuel pour le remplacer par un régime démocratique de type présidentiel distinct changera substantiellement la pratique du politique au Québec.

Le régime proposé dans le mémoire de la Démocratie Contractuelle améliore fondamentalement l’espace politique dans lequel vivent les Québécois. Ce régime se distingue du système présidentiel américain sur un point d'une extrême importance: le Premier Ministre et son gouvernement SONT responsables devant le Parlement (Assemblée Nationale) et celle-ci PEUT les renverser. Sous un régime DC, les Québécois vont rapidement découvrir qu'ils ont entre les mains des outils pour construire et légitimer leur culture publique commune.

Les membres élus du gouvernement du Québec ont le pouvoir d'instaurer immédiatement le régime démocratique de type présidentiel distinct proposé dans le mémoire de la DC. S'ils refusent de le faire, ils révéleront qu'ils préfèrent s'activer à l'intérieur d'un régime dont la particularité est d'assujettir les citoyens du Québec et de les confiner à n'avoir d'aspiration que celle d'être des grincheux irresponsables de leur destinée alors qu'ils désirent être des citoyens responsables. Les Québécois s'attendent à plus de leurs élus.

L’avant projet de loi remplacera-t-il la Loi électorale
par un modèle à l'image des attentes citoyennes ?

Pas vraiment, car à ce moment-ci, le gouvernement libéral ainsi qu’un grand nombre de députés de partis ne sont pas intéressés à faire une vraie réforme du mode de scrutin et de notre démocratie !

Selon le compte rendu d'un débat qui a eu lieu récemment sur la réforme du mode de scrutin au Québec et la question nationale dans le cadre des «Rendez-vous de la démocratie» organisés par le «Collectif féminisme et démocratie» et «l’Institut du Nouveau monde», Louise Harel s’oppose à l’instauration d’un scrutin proportionnel au Québec avant son accession à la souveraineté.

Aux yeux de la députée d’Hochelaga-Maisonneuve, le scrutin majoritaire et le scrutin proportionnel sont «tout aussi démocratiques l’un que l’autre». Elle a dit craindre l’effet de la réforme proposée sur l’avenir de la nation du Québéc. Le projet de réforme libérale affaiblirait-il trop le Parti québécois et le Québec vis-à-vis le Canada ?

Le députe de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, ex-président de l’Assemblée nationale du Québec, ex-président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie, ex-président de la Confédération parlementaire des Amériques, ex-ministre responsable de la Réforme des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales canadiennes partage le point de vue de l’Association Démocratie Contractuelle sur la valeur du régime présidentiel. Cependant, il ne croit pas que le Parti libéral soit intéressé à faire une vraie réforme de notre démocratie. Quant au PQ, le députe de Borduas affirme que ce dernier attend l'avènement de l'indépendance avant d'entreprendre ces grandes manoeuvres.

L'ADQ est le seul parti prenant du débat sur la réforme du mode de scrutin, et leurs positions vont au-delà de la simple réforme cosmétique. Selon l'ADQ, il serait primordial que les citoyens s'approprient cette réforme afin d'arriver en bout de piste avec un modèle à l'image des attentes citoyennes. 

En ce sens, il est d'une importance absolument cruciale que le comité citoyen qui accompagne les députés lors de cette tournée rappelle à nos élus les intérêts de la population !


2 -  Le résumé du mémoire de la DC


Seulement 4 % de la population a une très grande confiance en ses politiciens et 70 % des électeurs ne croient pas que les promesses faites par les candidats seront tenues.

La grande majorité ne perçoit plus très bien l'utilité de son vote, ni même la nécessité de sa participation au processus électoral. On fait face à une crise de confiance grave.

Le concept de « démocratie contractuelle » est né à l'été 1991 comme une hypothèse de solution au problème que pose pour notre société la perte de confiance de la population en ses  politiciens et gouvernants. Pourquoi cette crise de confiance et cette désaffection? Devrait-on donner à notre démocratie, une autre forme? Nous avons identifié sept (7) vices ou carences graves de notre démocratie actuelle qu'il faudrait de toute urgence corriger :

1 - La valeur nulle de tout engagement préélectoral;
2 - La marginalisation de l'Assemblée Nationale;
3 - L'aliénation du citoyen de la chose publique;
4 - Le biais médiatique qui déséquilibre le dispositif électoral;
5 - L'exclusion des "petits partis" qui est un veto à l'évolution de la pensée politique;
6 - La démarche à huis clos de conception et de préparation des lois;
7 - L'absence de contrôle efficace du citoyen sur l'application des lois.

Les sondages démontrent que les citoyens et les citoyennes du Québec veulent l’élection d’un Premier Ministre au suffrage universel. Une large majorité de la population veut que les députés soient libérés de la discipline de parti. Les citoyens veulent aussi des élections à date fixe. Avec ça, on aurait fait 60 % du chemin vers la Démocratie Contractuelle! Il ne reste qu'à convaincre les députés des partis politiques (les représentants de la volonté du peuple) que les députés devraient être INDÉPENDANTS!

L'accent qu'on veut mettre sur la proportionnelle semble être une façon de détourner l'attention des véritables réformes qui sont nécessaires. La représentation proportionnelle n'apportera pas une amélioration majeure à notre système. Si le parti au pouvoir a la majorité absolue, la proportionnelle ne sert à rien. Si on en arrive à un gouvernement minoritaire, on a un gouvernement impuissant. Elle force les gouvernements à faire des compromis avec leur programme et les fragilises, alors qu'on veut un gouvernement qui applique à 100 % le programme sur la base duquel il a été choisi par la majorité de la population (scrutin à 2 tours) et qui ne sera pas retardé par des discussions inutiles aussi longtemps qu'il appliquera ce programme.

Les défauts uniques de la proportionnelle sont impardonnables dans la mesure où la Chambre consultative incluse dans la Démocratie Contractuelle permet d'entendre la voix des partis marginaux tout aussi bien, sans nuire à l'efficacité du gouvernement. Le vrai besoin, c'est de donner une visibilité aux partis marginaux, pas des petits morceaux de pouvoir qu'ils vont vendre au gouvernement au meilleur prix. Si les citoyens comprenaient ça, ils se rallieraient vite à l'idée de la Chambre consultative et de la Démocratie Contractuelle.
 

3 -  L’auteur de la Démocratie Contractuelle


Pierre JC Allard


Avocat (1957), économiste (1965).

Premier directeur général de la Main-d'oeuvre au gouvernement du Québec, directeur général de l'Institut de Recherches et de Normalisation Économique et Scientifique (IRNES) et vice-président adjoint (Finance/Administration) du Groupe SNC.

Vice-président aux Affaires internationales de la Société d'Exploitation des Ressources Éducatives du Québec (SEREQ).

Collaborateur aux travaux du Conseil Scientifique de l'Évaluation (Paris).

Directeur de projet, négociateur ou expert-conseil au sein de nombreux projets privés et publics à financement multilatéral ou bilatéral d'assistance au tiers-monde (OCDE, UNESCO, BIRD, ACDI, BAD, CEE) et membre du conseil d'administration de diverses OSBL : Club 2/3, APCI, Acer International.

 

Monde ordinaire, c'est à ton tour...


A l'occasion du lancement du livre "Monde ordinaire, c'est à ton tour...", Avril 1993

Jacques Giroux, Journal de Québec

"Sa vie est un roman d'aventure. Ce globe-trotter, homme d'action et de réflexion, a parcouru plus de 100 pays. Polyglotte, humaniste, formé à l'école des Jésuites, il devient, fin des années 50, moine itinérant en Inde et disciple du gourou Sivananda. Conseiller juridique de Fidel Castro, expert-conseil en Espagne sous le régime Franco, il négocie des contrats en Iran, sous le règne du Shah. Membre du premier conseil exécutif national du NPD, il organise en 1962 la première campagne de financement du Rassemblement pour l'Indépendance Nationale.

Témoin privilégié des grands bouleversements politiques et sociaux, il a été plongé dans l'enfer de la guerre civile au Zaîre en 1962 et, 20 ans plus tard, vécu le désespoir du peuple Salvadorien, déchiré par une lutte fratricide. Il est à Paris lors des manifestations de Mai 68, fête en avril 1974 avec les Portugais, la "Révolution des Oeillets" et, quelques mois plus tard, assiste à la chute de la junte des Colonels à Athènes en Grèce.

Artiste dans l'âme, rationaliste mais adepte du I Ching, la sagesse millénaire de la Chine qu'il a aussi visitée, l'auteur est multidimensionnel: un homme de la Renaissance, il véhicule des idées du Troisième Millénaire. Il faut avoir vécu bien des "vies" en une, pour parler aussi simplement de choses aussi complexes au Monde Ordinaire."

FORMATION 

1966 Boursier (ressources humaines) de l'OCDE; Bergneustadt (RFA), Madrid (Espagne).

1965 Doctorat d'État (D.E.S.) en sciences économiques, Université de Paris.

1964 Institut d'administration des entreprises de l'Université de Paris.

1957 Barreau du Québec.

1956 LL.B., Université de Montréal.

1953 B.A., Université de Montréal

1951 Brébeuf


RÉSUMÉ DE CARRIÈRE 

1957 - 2002 Avocat
Membre en règle du Barreau du Québec. Droit civil et corporatif.
Négociations internationales et transculturelles.

1978 - 1999 Pierre Allard & Associés
Associé principal. Consultation nationale et internationale; marketing et planification stratégique.

1988 - 1997 Acer International
Coordonnateur général. Société canadienne d'assistance et conseil au développement des relations internationales des petites et moyennes entreprises. Trente-six conseillers au Canada, vingt-huit agents à l'étranger.

1985-1888 Teccart/MultiFormation Canada
Vice-président (international) d'un consortium, pour fin d'exportation, de quatre des plus importantes sociétés québécoises d'éducation et de formation.

1983-1985 Société d'exportation des ressources éducatives du Québec
Vice-président (international) d'une société d'État créée pour la promotion à l'étranger des biens et services éducatifs du gouvernement du Québec.

1975-1978 Groupe SNC
Vice-président adjoint. Le plus grand groupe canadien d'ingénierie-conseil. Préparation de projets et missions d'expertise sur divers projets d'éducation : Iran, Algérie, Mali, Grèce et Espagne, etc.

1970-1975 TOR - IRNES
Directeur technique. Planification et supervision de projets d'éducation et de formation. Gouvernement canadien, ministère de la Science et de laTechno logie, Honduras, Nicaragua, Haïti, Panama, etc.

1966-1970 OCDE, Gouvernement du Canada, du Québec et al
Économiste-conseil, expert en planification des ressources humaines, responsable, entre autres projets, de l'assistance OCDE au programme de Promocion Profesional Obrera (Espagne), de l'implantation de divers programmes canadiens de création d'emplois et de la création de la Direction générale de la main-d'oeuvre du Gouvernement du Québec.

INTERVENTIONS INTERNATIONALES

- ALGERIE l977, 78, 85, 89, 90

- ALLEMAGNE l965, 69, 89, 90

- ARGENTINE l984, 93

- AUSTRALIE 1999

- AUTRICHE l983

- BAHAMAS 1999, 2000

- BAHREIN 1985

- BELGIQUE 1987, 88, 90, 93

- BRESIL l97l, 86, 2000

- BURKINA FASO 1986

- CABO VERDE 1989

- CAMEROUN 1986

- CHINE 1986

- CHYPRE 1977, 87

- COLOMBIE l972 ... 2000

- COMORES 1987

- COSTA RICA 1997

- CÔTE D'IVOIRE l973, 74, 87, 88

- CUBA 1960, 61

- DJIBOUTI 1989

- DUBAI 1985

- ECUADOR 1998

- EL SALVADOR l983, 84

- ESPAGNE l965, 66, 78, 97

- FRANCE l964 ... 97

- GABON 1986, 87, 89

- GRECE l974, 77, 78, 84, 87

- GUADELOUPE 1991, 92

- GUATEMALA l983

- GUYANA 1990

- HAITI l973

- HONDURAS 1969 ... 98

- INDE 1985

- INDONESIE 1974

- IRAN l977

- ITALIE l969, 83, 87

- JAPON 1974, 95, 96, 99

- KENYA 1990

- LAOS 1996

- LIBAN l974

- MADAGASCAR 1987

- MALI l974, 75, 77

- MAROC l983 ... 94

- MAURITANIE 1989

- MEXIQUE 1993, 95

- MONTSERRAT 1991

- NICARAGUA l973, 74, 82, 97

- OUGANDA 1990

- PANAMA 1967

- PARAGUAY l984

- PAYS-BAS 1993

- PEROU l973, 74, 98

- PORTUGAL l978, 8l, 87, 88, 97

- RUSSIE (CIS) 1993, 94, 96, 98

- SENEGAL l974, 87

- SRI LANKA 1985

- SUISSE l969... 93

- THAILANDE 1996

- TUNISIE 1986, 89, 90

- TURQUIE 1987

- U.S.A 1961 ... 99

- VENEZUELA 1990, 91, 92

- ZAIRE 1962, 63, 70

Plus de cent (100) projets de 1965 à 2000

1965 Conseiller spécial (OCDE) auprès du directeur général et chef national du projet PPO en Espagne. La planification et l'assistance à la mise en place du projet PPO de formation professionnelle impliquait l'identification des besoins, la préparation de plus de 65 programmes dans tous les secteurs, la mise en place d'une capacité de formation de 35 000 travailleurs par année et la logistique complexe d'une formation par équipes itinérantes dans 16 provinces d'Espagne.

1967 Création de la Direction générale de la Main-d'oeuvre du Québec. Premier titulaire du poste. Préparation du premier plan de développement des ressources humaines. Établissement du Service des plans de carrière. Négociations avec les autorités fédérales de l'entente-cadre sur l'apprentissage.

1969 Collaboration à la planification des projets NewStart du Ministère fédéral canadien de l'Expansion Economique Régionale (MEER). Interventions sur le terrain à des initiatives expérimentales en Alberta et au Nouveau Brunswick.

1971 Conseiller spécial (ACDI) auprès du secrétaire général du Conseil Supérieur de Planification Economique (CSPE) du Honduras, pour la planification et la mise en place d'un système d'identification en continu des besoins en main-d'oeuvre du pays et la conception d'un système de formation, de placement, d'orientation et de développement des Ressources Humaines.

1973 Directeur de Projet (ACDI) pour la formation professionnelle accéléré (FPA) de travailleurs de niveaux OS et OP dans le secteur de la construction pour la reconstruction de Managua, Nicaragua après le séisme

1975
Directeur d'un projet (IRNES/BIRD) au Mali (21 experts participants, dont 13 in situ avec famille) pour l'implantation de la formation professionnelle (16 dossiers) dans les écoles de niveau secondaire du ministère de l'Éducation. Planification financière, pédagogique, recommandations quant à la structure et au fonctionnement.

1977 Conseiller spécial auprès du directeur général de l'Institut National pour la Productivité et le Développement d'Algérie. Recommandations quant à la structure et au fonctionnement de l'INPED et quant à la démarche de consultation et de formation des spécialistes algériens dans les entreprises nationales. Programmes de formation pour les spécialistes algériens.

1979 Conseiller du Ministre de l'Immigration Ronald Atkey pour la conceptualisation et la mise en place du programme d'accueil et de parrainage par le milieu des réfugiés du
Vietnam.

1981 Conseiller spécial auprès du président de la Régie du logement du Québec, pour la préparation du programme de formation de 40 avocats appelés à la magistrature dans le cadre du tribunal administratif créé pour l'audition des causes relatives aux relations propriétaires-locataires. Planification, logistique, pédagogie, didactique, évaluation.

1983 Négociation, es-qualité de vice-président de la Société d'exploitation des ressources éducatives du Québec (SEREQ), d'un protocole d'entente pour la participation de sociétés québécoises à la réalisation d'un projet d'éducation à financement BID au El Salvador

1985
Conseiller et directeur d'une équipe auprès du directeur général de la planification du ministère de la Formation professionnelle de Tunisie, pour l'élaboration d'un système de cueillette et de traitement informatique des données permettant l'identification en continu des besoins en main-d'oeuvre de divers secteurs de l'économie tunisienne, l'analyse de tâches et la préparation des programmes didactiques requis.

1987 Planification et supervision d'un projet de construction scolaire et de développement pédagogique et didactique de la Banque africaine de développement au Rwanda

1989
Négociations et supervision de la mise en marche, pour un consortium portugais, d'un projet à financement BIRD pour l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT) du Maroc.

1991
Directeur d'une équipe de huit (8) experts auprès des autorités de la nation amérindienne Mohawk (Kanesatáke), pour le diagnostic de la situation et l'établissement d'une marche à suivre menant à l'élaboration plan quinquennal global de développement économique et social.

1993 Conseiller du European Network of Distance Education Organizations (Amsterdam) et du Conseil Supérieur (Higher State Committee) pour l'Éducation de la Fédération de Russie, pour la préparation et la présentation à la Commission Européenne, dans le cadre du Projet TACIS, de trois (3) propositions de formation à Moscou et à Saint-Petersbourg.

1995 Préparation d'un plan directeur pour la formation professionnelle et l'emploi dans la zone côtiere colombienne de Barranquilla - Cartagena - Santa Marta, Colombie.

1997
Préparation d'un plan de développement des affaires aux USA - Boston, San Francisco, Miami, Phoenix - pour une entreprise canadienne leader du secteur alimentation.

1999 Evaluation sur place - Japon, Australie - des activités locales d'une compagnie canadienne du secteur minier et recommandations quant à sa restructuration.
 

4 -  L'introduction à la Démocratie Contractuelle


Le concept de «démocratie contractuelle» est né à l’été 1991 comme une hypothèse de solution au problème que pose pour notre société la perte de confiance de la population en ses  politiciens et gouvernants. Une ébauche de solution a été proposée à des douzaines de personnes, et remaniée jusqu’a ce que 70 % des répondants s’en déclarent satisfaits. Ce texte est celui sur lequel le consensus a pu être établi, texte publié en mars 1992.

Il semble y avoir des problèmes plus graves à résoudre dans notre société que celui du mode de scrutin : pensons à la justice, au chômage, à l’éducation, aux services sociaux… C’est vrai, mais quelle que soit l’urgence de remédier aux autres lacunes du système, il est clair que les changements radicaux qui sont nécessaires pour le faire ne pourront être appliqués que si les gouvernements jouissent d’une crédibilité raisonnable.

Or, ce n’est pas le cas : un sondage réalisé pour Actualité – et qui à fait l’objet d’une large diffusion -  a révélé que 4 % seulement de la population a une «très grande confiance en ses politiciens…» alors qu’une très grande confiance de la nation en ses chefs est précisément ce qui est indispensable pour que ceux-ci puissent entreprendre la transformation qui s’impose. Non seulement le passage à la démocratie contractuelle est il donc un pré requis aux autres changements qui s’imposent, mais c’est aussi le plus facile à réaliser de ces changements. Facile, parce qu’une très large majorité de la population (proportionnelle au nombre de ceux qui n’ont plus confiance aux politiciens) VEUT un changement du système démocratique et que 80 % de la population, selon une enquête formelle de la SONDAGEM, est d’accord avec les mécanismes concrets de la démocratie contractuelle. Largement diffusé, le concept de DC peut faire l’objet d’un large consensus.

Facile, aussi, par ce que la mise en place de la démocratie contractuelle ne se fait pas, contre qui que ce soit. Elle change les règles du jeu, mais ce sont des changements qui augmentent plus qu’ils ne diminuent les pouvoirs des chefs et des structures organisationnelles de partis. La démocratie contractuelle apporte un contrôle plus efficace par la population de ses gouvernants; ce n’est pas une arme qui réduirait le pouvoir de ses gouvernants, encore moins une manœuvre qui donnerait un avantage clair à l’une ou l’autre des forces politiques traditionnelles.

Il est réaliste de penser que la démocratie contractuelle peut être instaurée dès les prochaines élections. Ceci, à deux conditions : 1) que rien n’y soit ajouté qui puisse amener la rupture du consensus actuel en faveur d’un changement du jeu politique, sans égard à son contenu, et 2) que le concept n’appariasse pas comme un outil de promotion personnelle de ceux qui en assureront la diffusion, mais comme une entreprise désintéressée et libre de toute arrière-pensée.

La DC ne doit donc pas être conçue comme l’embryon d’un parti ayant un plus large agenda; ceux qui en seront les portes paroles doivent renoncer formellement à toute  ambition politique ultérieur, sous peine de priver la DC de la crédibilité qui ne vient qu’avec le désintéressement et du consensus qui lui vaut son indépendance de toute idéologie.

5 -  La transformation


Seul un gouvernement devenu vraiment démocratique pourra mettre en place une Nouvelle Société, ou tout au moins les éléments d'une Nouvelle Société qui peuvent l'être impunément par un État dit "souverain" dans le contexte d'un monde encore majoritairement néo-libéral. Le premier pas vers un monde meilleur c'est donc de transformer la structure politique pour assurer l'imputabilité et la responsabilisation des vrais décideurs.

Cette transformation passe par ce que nous avons appelé la démocratie contractuelle (DC). Plusieurs documents du site Nouvelle Société expliquent la DC; en résumé, il s'agit d'un gouvernement de type présidentiel, élu sur la foi d’un programme, et qu'une assemblée législative constituée de députés sans affiliations partisanes a le pouvoir de révoquer s'il n'applique pas ce programme.

On pourrait appeler ce régime autrement ou en modifier certains aspects marginaux, mais, essentiellement, c'est vers ce type de gouvernement que nous allons; il faut donc se garder des discussions oiseuses sur l'accessoire que le Système cherchera à susciter afin d'empêcher le débat sur l'essentiel et l'avènement d'une démocratie vraie. Évitons ce piège en acceptant la DC telle qu'elle est présentée aux textes de la Section 6 de ce site; quand une vraie démocratie aura été implantée, on aura tout le loisir d'en modifier les détails.

Avant tout, il faut rétablir la démocratie. Tous ceux qui se veulent des agents de changement devraient donc, en priorité, diffuser avec diligence le concept de la DC. Le faire connaître. Le défi, en effet, n’est même pas de convaincre la population du bien-fondé de cette approche: 73 % des gens s'y rallient spontanément dès qu'ils en sont informés! Le défi, c'est de faire connaître la DC, de rendre la population consciente de ce vaste consensus qui existe déjà et de démontrer que la DC est non seulement souhaitable mais tout à fait réalisable à très court terme. Il faut, avant tout, que ce travail de diffusion soit mené à bien.

Dès que ce travail de diffusion produit ses fruits et qu'une fraction significative de la population a été conscientisée, toutefois, le moment vient de donner suite à ce consensus et d'installer les mécanismes qui feront de la DC une réalité. Quels sont ces mécanismes ? Comment installe-t-on une nouvelle approche comme la DC ? Aussi simplement que par un vote majoritaire des députés au Parlement du Canada, ou même des députés à l'Assemblée nationale, puisque celle-ci dispose déjà de tous les pouvoirs requis pour effectuer ce type de changements au Québec. Il y a trois (3) façons d'obtenir qu'une majorité des députés au Parlement et/ou à l'Assemblée nationale votent le passage à un régime de démocratie contractuelle.

La première voie : la récupération du concept

La première voie, c'est qu’un des deux partis traditionnels (lire: qui a une chance de prendre le pouvoir) décide d'en faire sa politique officielle et obtienne des électeurs la majorité des sièges qui lui permettra de réaliser ce changement. Ceci semble un but facile à atteindre, puisque des sondages ont révélé que la DC est une initiative populaire et qui serait donc électoralement rentable. Pourquoi le Parti Libéral ou le Parti Québécois ne monteraient-ils pas ce cheval de bataille? Il paraîtrait raisonnable que les DEUX partis rivalisent d'ardeur pour s'identifier à ce changement...

En fait, il est vrai que 73% de la population réagit favorablement à la DC mais le parti qui prendrait cette voie devrait trouver une niche à la plupart de ses ministres (sans compétences spécifiques) et à ses députés de l'arrière banc que leur identification à un parti écarterait sans doute d'une carrière de représentants du peuple indépendants lorsque la démocratie contractuelle aurait été mise en place. Il n'est pas facile, pour un parti, d'annoncer à ses ministres et députés que leurs services ne sont plus requis.

Pas facile, mais pas impossible, car cette mise à pied des élus-poteaux va alors de paire avec une montée en puissance des chefs de partis et de leurs conseillers et organisateurs. Malgré cette difficulté du recyclage nécessaire de bien des "hommes politiques" que pose la récupération du concept DC par un parti traditionnel, c'est donc néanmoins cette façon d'instaurer la DC qui a le plus de chances de se réaliser.

Cette récupération est possible; elle exige, toutefois, que de sérieuses pressions s'exercent qui donnent aux élites des partis en place le courage de prendre cette décision et l'occasion de faire cette purge de leurs éléments désuets. Ces pressions, c'est la menace latente que la DC puisse s'installer "autrement" qui les appliquera. La menace, d'abord, qu'un nouveau parti dont tout le programme se résume à faire ce seul changement puisse se constituer et recevoir de la population le mandat de le faire; la menace, aussi, qu'une situation particulière suscite une fronde de députés de diverses allégeances et que ceux-ci forment une majorité circonstancielle le temps de voter le passage à la DC sans tenir compte des instructions de leurs partis respectifs.

La seconde voie : la création d'un Parti DC

N'est-il pas contradictoire de créer un parti dans le seul but de mettre fin à l'asservissement des députés à des partis politiques? Pas si on pose comme prémisse que la création et le succès, même mitigé, d'un parti créé exclusivement pour instaurer la DC constituerait un puissant moyen de pression pour amener les partis traditionnels à se compromettre en faveur d'une démocratie responsable. Créer un parti précaire visant à instaurer la DC peut avoir son utilité; il convient donc de préciser les moyens de poser ce geste ainsi que les contraintes auxquelles on devrait astreindre cette démarche pour assurer sa crédibilité.

D'abord, un Parti DC doit s'afficher sans équivoque comme un regroupement d'opportunité, ne jouant le jeu du système électoral actuel que le temps de le changer, sans plus. (Il existe déjà à Ottawa le précédent du Bloc Québécois). Un Parti DC n'a donc pas de programme et il ne fait qu'une seule promesse: promouvoir l'instauration de la DC, puis se désister en bloc (sans jeu de mots), dès que celle ci est en place, au plus tard dans les 90 jours suivant l'adoption d'une loi permettant une nouvelle élection selon les règles de la démocratie contractuelle.

Autre condition essentielle et qui découle de la première, les candidats DC ne sont pas là pour gouverner; ils n'ont pas à émettre d'opinions sur quelque autre thème que l'instauration de la DC. Qu'arrive-t-il si des députés du Parti DC sont élus, mais en nombre insuffisant pour instaurer la DC? Quelle doit être leur attitude au Parlement ou à l'Assemblée nationale? Dans cette situation, les députés élus sous l'étiquette DC auraient pour mission de fournir le modèle de ce qui devrait être le comportement des députés indépendants élus en régime de démocratie contractuelle: être impartiaux, sans préjugés et à l'écoute objective des propositions du gouvernement.

Leur attitude à l'Assemblée nationale serait de voter avec le gouvernement en tout ce qui facilite l'exécution du programme que celui-ci a proposé à la population, contre le gouvernement en tout ce qui contredit ce programme ... et de poser inlassablement des questions sur les promesses qui ont été faites à la population et ne sont pas tenues. Les députés du Parti DC seraient là pour faire comprendre à la population que ses représentants, face au gouvernement, ne sont ni des marionnettes ni une Opposition systématique mais les gardiens de la démocratie, disponibles pour entendre, comprendre, réfléchir et juger.

Pourquoi réunir en un Parti d'opportunité d'éventuels candidats DC puisque, en principe, les députés ne devraient accepter aucune allégeance? Pour éviter le morcellement du vote favorable à la DC entre une myriade de candidatures se réclamant peu ou prou de la DC et de n'importe quoi, candidatures que fomenteront évidemment les partis traditionnels dès qu'ils se sentiront menacés. Un Parti DC n'a d"autre but que d'éviter ce piège en conférant l'investiture DC à un candidat et un seul par circonscription électorale. Ceci doit être la seule raison d'être d'un Parti DC.

Parce qu'il n'a pas d'autre raison d'être que de désigner des candidats - et qu'il ne peut introduire des critères qualitatifs à son processus de sélection, sous peine de substituer son jugement à celui de la population et de devenir un parti au sens traditionnel - un Parti DC doit astreindre ses mécanismes de désignation des candidats DC à des règles rigides, évitant ainsi l'arbitraire et même tout soupçon d'arbitraire.

Le processus de sélection des candidats DC est donc volontairement dépersonnalisé, automatisé dans la mesure du possible, même si ceci a pour conséquence que le candidat DC dans chaque circonscription ne soit pas nécessairement le "meilleur" candidat et que certains candidats DC puissent même être franchement mauvais... Ceci est un sacrifice de la qualité qu'il faut consentir, au moment de l'élection de ce qui deviendra une Assemblée exclusivement constituante, pour garantir que la mise en place de la DC ne sera pas viciée dès le départ par des manipulations, des jeux de pouvoirs et des intérêts personnels.

C'est l'élection subséquente selon les règles de la DC qui séparera le bon grain de l'ivraie. Lors des élections suivantes qui seront menées selon les règles de la DC, en effet, sera candidat qui voudra et chacun le sera sans étiquette. Répétons-le: c'est uniquement pour les fins de l'élection d'une assemblée constituante dont la mission se limitera à instaurer la DC qu'un Parti DC est nécessaire.

Comment deviendra-t-on candidat du Parti DC, dans une circonscription X, pour les fins de cette élection bien particulière? En manifestant d'abord l'intention par écrit au Secrétariat du Parti DC et en s'engageant à respecter les conditions imposées pour le devenir. Les formules pour ce faire apparaîtront en mars 2003 au Texte 907a de ce site.

Celui qui se sera ainsi manifesté recevra confirmation du Secrétariat du Parti DC à l'effet qu'il est considéré comme un aspirant candidat DC dans la circonscription X, sous réserve de l'appui populaire dont il peut faire la preuve. Pour faire la preuve de cet appui populaire, l'aspirant candidat devra fournir la plus longue liste possible d'électeurs de la circonscription X soutenant sa démarche à l'investiture comme candidat du Parti DC.

Attention ! Il ne s'agira pas d'inscrire des noms sur une feuille; chaque électeur qui soutient la démarche d'un candidat à l'investiture devra fournir adresse, numéro de téléphone, numéro d'assurance sociale et signer, affirmant solennellement qu'il n'a soutenu et ne soutiendra aucun autre aspirant à la candidature du Parti DC dans sa circonscription. L'original de cette déclaration de soutien est envoyé au Secrétariat qui en fera la vérification.

Le travail de l'aspirant candidat n'est pas de vendre des cartes de membres ni de recueillir des fonds, ceci est une autre histoire. Son travail, c'est de diffuser le concept de la DC et de se rallier des appuis. Le lendemain du jour où les élections seront annoncées, la compilation des déclarations de soutien reçues par chaque aspirant sera faite par un bureau de comptables reconnu mandaté à cette fin par le Secrétariat. L'aspirant qui aura réuni le plus grand nombre de supporters dans une circonscription sera désigné comme le candidat officiel du Parti DC dans cette circonscription. Sans discussions. Sans exceptions.

Dès que le candidat sera connu, les autres aspirants, conformément à l'entente prise qu'ils auront prise à cet effet (907a), annonceront publiquement qu'ils se rallient au candidat DC choisi et en aviseront leurs supporters actifs. Ils communiqueront avec le candidat choisi et mettront à sa disposition toute organisation embryonnaire qu'ils auraient déjà mise en place.

Le candidat choisi en aura bien besoin, puisque les facilités qu'une vraie démocratie lui fournirait d'office pour se faire connaître et passer son message n'existeront pas encore et que le candidat sera entièrement livré à lui-même pour sa campagne, sa publicité et son financement. Le Secrétariat du Parti DC ne pourra lui offrir qu'un site Internet et une message téléphonique d'information préenregistré.

En procédant de cette façon mécanique, "déshumanisée", on évite la critique du choix arbitraire des candidats. En décidant d'agir ainsi sans discernement (au sens littéral du terme), on risque inévitablement que certains candidats choisis soient peu fréquentables ou s'avèrent seulement les pions en service commandé d'un parti traditionnel qui aura voulu saboter la démarche DC. Ceci n'est pas très important, dans la mesure où il est clair qu'il n'y a RIEN en commun entre les candidats DC sauf leur soutien à la DC. Chaque candidat DC a droit à ses opinions personnelles, sous réserve de ne pas les afficher comme si celles-ci étaient des éléments de la DC et de ne faire campagne que sur son engagement à promouvoir la DC et à juger impartialement, s'il est élu, des propositions éventuelles du gouvernement.

Si on découvrait qu'un candidat DC est un néonazi, un pédophile - ou simplement un peu facétieux - ceci n'enlèverait rien à la valeur des autres candidats DC, ni à celle du concept lui-même, pas plus qu'un faux billet de banque ne diminue la valeur des autres billets dans votre portefeuille. La population portera sur chaque candidat le jugement qu'elle croit qu'il mérite et jugera aussi à son mérite du comportement des autres partis qui auraient contribué à ce qu'un candidat non valable soit ainsi désigné comme candidat du Parti DC.

La troisième voie : la fronde

Bien qu'elle soit improbable, le risque d'une mutinerie de leurs troupes est aussi une menace qui pourra pousser les partis politiques traditionnels à récupérer le concept de DC avant que celui-ci ne soit appliqué sans eux ou malgré eux. Il faut voir les circonstances qui conduiraient à une fronde.

D'abord, il faut comprendre un fait. Qui a le pouvoir formel d'instaurer la DC au Québec? La majorité des 125 députés élus à l'Assemblée nationale. Bien qu'il ne faille pas négliger le nombre ni la brutalité des forces qui peuvent s'exercer sur eux pour tenter de les en empêcher, il faut garder en mémoire que les 125 députés élus à l'Assemblée nationale ont, à tout moment, le DROIT d'instaurer la DC. Ils ont ce droit quelle que soit et quelle qu'ait été auparavant leur appartenance partisane.

Le groupe cible d'une démarche pour mettre en place la DC est donc, en dernière analyse, la députation à l'Assemblée nationale; toute action entreprise ne vise qu'à faciliter aux députés le choix de voter le passage à la DC. Un député élu sous l'étiquette d'un Parti DC aura un engagement en faveur de la DC, bien sûr, mais il ne votera le changement que si celui-ci rallie une majorité des députés. Un député élu sous l'étiquette d'un parti d'opposition, voire un député du parti au pouvoir mais ignoré au moment de la distribution des portefeuilles, ne fera pas, au fond, un calcul tellement différent.

La conséquence de ceci est qu'une mutinerie de députés des partis traditionnels devient possible dès que le parti ministériel n'a pas une majorité des sièges à l'Assemblée et que les députés du Parti DC, détenant la balance du pouvoir, peuvent à tout moment causer la chute du gouvernement. Pour un député ministériel obligé de retourner devant l'électorat quand l'Assemblée est dissoute, le choix de le faire comme candidat indépendant dans un régime de démocratie contractuelle peut apparaître plus avantageux que de se représenter comme candidat d'un parti qu'on vient de mettre en minorité parce qu'il ne respectait pas ses promesses. Selon les résultats des sondages, il n'est pas exclus qu'au moment de vérité certains députés de l'Opposition fassent aussi quelques calculs...

En fait, il n'est même pas nécessaire que le Parti DC ait la balance du pouvoir. Dès qu,il apparaît que la DC peut être une alternative réaliste - si, par exemple, quelques députés DC sont élus et qu'un pourcentage significatif du vote populaire (20 %) est acquis à cette option - chaque député des partis traditionnels ne peut que songer sérieusement à en être partie prenante et, en affirmant immédiatement son indépendance des directives de son parti, à ménager son avenir dans un régime de DC où les députés devraient être sans allégeance.

Ceci lui est d'autant plus facile que cette prise de position ne l'oblige à renier aucun de ses principes. Le Parti DC n'a pas de programme, et est neutre sur toutes les questions qui opposent normalement les protagonistes du jeu politique traditionnel; le député d'un parti qui vote la DC malgré les instructions de son whip ne trahit pas son parti, il se dissocie simplement de ce qu'il juge une décision ponctuelle erronée. Il pourra rester loyal à "son" parti lors de l'élection subséquente du gouvernement (Exécutif) sous un régime de démocratie contractuelle.

Une fronde par la défection de leurs "backbenchers" et le vote de ceux-ci pour la DC devient dès lors une menace constante pour le Gouvernement. Cette menace fluctue au gré des sondages, lesquels, entre deux élections, favorisent toujours le changement. Un putsch est toujours possible.

On voit que les trois voies d'accès à la DC sont largement complémentaires. Les efforts faits dans une direction servent à favoriser aussi le progrès des autres solutions possibles. Tout succès d'un Parti DC augmente les risques de fronde au sein des autres partis et cette menace même peut servir de prétexte aux organisations centrales de ces autres partis qui souhaiteraient se délester du bois mort et ramener leur parti à la dimension d'une équipe.... comme le propose la démocratie contractuelle.

Tous les efforts pour instaurer la DC, dans une voie ou dans l'autre, convergent et se renforcent donc. La clef passe-partout, c'est d'obtenir 20% du vote populaire et, idéalement, l'élection de quelques députés d'un Parti DC... Est-ce un scénario réaliste ou une totale fiction ?
 

6 - Le Mémoire de la DC


  MÉMOIRE

 Présenté en mars 2006 à la

COMMISSION SPÉCIALE SUR LA LOI ÉLECTORALE
 

Imaginez la Commission spéciale sur la Loi électorale,

si elle avait pour idéal une nouvelle société et

si elle obtenait à travers ce mémoire

les réponses à ses énigmes.

MÉMOIRE

 Présenté à la

COMMISSION SPÉCIALE SUR LA LOI ÉLECTORALE

le 2 mars 2006

Ces travaux furent accomplis pour le Comité Directeur Des États Généraux
sur La
RÉFORME DES INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES par

DÉMOCRATIE CONTRACTUELLE (DC)

septembre 2002



L'essentiel de cette proposition a été publié en 1993 dans le livre " Monde ordinaire, c'est à ton tour ".

À un sondage SODECOM de janvier 1996, 71,3 % des répondants à qui on l'a soumise s'y sont montrés favorables, 19,2 % s'y opposant et 9,6 % demeurant indécis.. Elle est disponible depuis 1997 à l'adresse Internet www.nouvellesociete.org/6.html et cette page du site " Nouvelle Société " a reçu, depuis lors, plus de 14 000 visites.

0. Préambule

En 1998, un sondage publié dans " Actualité " - et très largement diffusé - nous apprenait que 4% seulement des électeurs "faisaient très confiance à leurs hommes politiques". Plus récemment, au cours de la dernière campagne électorale au Québec, d'autres sondages ont révélé que 70% des électeurs "ne croyaient pas que les promesses faites par les candidats seraient tenues". Notre forme de démocratie n'inspire plus confiance. Devrait-on lui donner une autre forme ?

C'est là que nous en sommes aujourd'hui, et la finalité de ces États Généraux est de conduire le Québec vers une nouvelle forme de démocratie.

Quelles sont les modifications essentielles qu'il faut apporter à notre régime démocratique ? Dans une première partie de ce mémoire, nous poserons un diagnostic, identifiant les vices rédhibitoires du système et quelques éléments de solution; nous croyons qu'aucune réforme de nos institutions démocratiques ne sera adéquate qui ne corrigera pas ces vices.

Dans la deuxième partie, nous insérerons ces éléments de solution dans le schème du document de réflexion proposé par le Ministère pour ces États Généraux, document qui nous semble remarquable de concision, de clarté et quant à la pertinence des choix qu'il invite à faire. Notre proposition concrète de réforme suivra le cheminement de ce document.

1. Problèmes et solutions

Quand 96 % de la population n'a plus très confiance en ses chefs et qu'une bien large majorité d'entre elle ne croit plus en leurs promesses, on fait face à une crise de confiance grave. Cette crise mène à une désaffection profonde de l'électorat, qui ne perçoit plus très bien l'utilité de son vote, ni même la nécessité de sa participation au processus électoral.

Pourquoi cette crise de confiance et cette désaffection? À cause de sept (7) vices ou carences graves de notre démocratie actuelle qu'il faudrait de toute urgence corriger:

1 - La valeur nulle de tout engagement préélectoral;

2 - La marginalisation de l'Assemblée Nationale;

3 - L'aliénation du citoyen de la chose publique;

4 - Le biais médiatique qui déséquilibre le dispositif électoral;

5 - L'exclusion des "petits partis" qui est un veto à l'évolution de la pensée politique;

6 - La démarche à huis clos de conception et de préparation des lois;

7 - L'absence de contrôle efficace du citoyen sur l'application des lois.

Examinons ces sept (7) "imperfections" de notre régime démocratique actuel et tentons de proposer pour chacune une ébauche de solution.

1.1 La valeur nulle de tout engagement préélectoral

La démocratie représentative repose sur un contrat implicite : le postulat que l'élu qui reçoit un mandat des électeurs aura le comportement qu'on attend de lui et que sa politique sera celle qu'il a proposée. Quand le citoyen n'y croit plus mais sait, au contraire, que ce que dit un candidat avant une élection n'est pas un indicateur fiable de ce qu'il fera après l'élection, pourquoi prêterait-il plus qu'une oreille distraite au discours politique ? Un discours souvent d'ailleurs énoncé de façon volontairement ambigu, pour ratisser plus large et ne contrarier personne ?

Le citoyen s'est résigné aux pirouettes de ses élus et n'a plus confiance au contrat implicite entre lui et ses représentants. Il n'y croit plus. Cette perte de confiance est la première et la plus grave de failles qui exigent que l'on transforme notre démocratie. Comment imposer aux élus de tenir leurs engagements ?

SOLUTION : Une démocratie contractuelle

Pour que le citoyen reprenne confiance en ses hommes politiques, il faut que ceux-ci soient tenus de respecter leurs promesses. À l'engagement préélectoral a valeur nulle doit succéder l'engagement préélectoral à valeur contractuelle. Le mandat de représentation que confie la population à son gouvernement élu doit avoir la forme large et la valeur d'un CONTRAT. L'élection du gouvernement doit être un "contrat de gouvernement", conclu entre la population et un parti politique. Un parti politique est une petite équipe qui prétend avoir la sagesse de gouverner, est régulièrement inscrite comme parti au bureau du Directeur général des élections, propose un programme et présente un candidat au poste de Premier Ministre.

Un programme, parce qu'un contrat de gouvernement doit être un contrat écrit et que c'est le programme d'un parti politique qui doit devenir le projet de contrat. Le programme d'un parti politique, c'est une offre de services que ce parti fait à la population. Soigneusement rédigé à cette fin, il ne se limite pas à indiquer les buts et objectifs qui, si ce parti est élu, deviendront ceux du gouvernement pour la durée de son mandat; il doit décrire aussi les lois que le parti entend faire adopter, les projets qu'il veut entreprendre, leur délai d'exécution et leur enveloppe budgétaire, les mesures fiscales qu'il appliquera, de même que ses politiques de santé, d'éducation, de développement commercial et scientifique, etc.

Tout ne peut être prévu au programme, mais un élément essentiel du programme d'un parti politique doit être d'indiquer les critères, compatibles avec l'esprit de ce programme, qui détermineront les choix du gouvernement lorsque des circonstances imprévues exigeront que celui-ci agisse au-delà des termes stricts de son programme.

Le programme d'un parti politique est un projet de contrat. La population en fait un contrat exécutoire en accordant la majorité absolue de ses suffrages au candidat de ce parti au poste de Premier Ministre. Le Premier Ministre a le mandat impératif d'accomplir le programme sur la foi duquel il a été élu. Si le gouvernement (le Premier Ministre) ne respecte pas ses engagements, il doit être immédiatement démis de ses fonctions.

Cette approche est propre à redonner confiance à l'électorat, mais elle exige évidemment qu'une entité impartiale détermine si le gouvernement tient ou non ses engagements et puisse, le cas échéant, le démettre de ses fonctions. C'est l'Assemblée Nationale qui doit avoir ce pouvoir. Une Assemblée Nationale composée entièrement de députés indépendants et impartiaux.

1.2 La marginalisation de l'Assemblée Nationale

Dans le régime actuel, l'électeur doit choisir: d'un seul vote : a) le parti auquel il veut confier la tâche de former un gouvernement, et b) le député qui représentera une circonscription électorale. Normalement, il fera le choix rationnel de voter pour le parti qu'il souhaite voir former le gouvernement. Il ignorera le candidat député, un inconnu parmi d'autres inconnus, tous choisis par des organisations politiques qui lui sont totalement étrangères et auxquelles lui, le citoyen ordinaire, ne participe pas.

C'est un choix rationnel, mais le député, celui qui en théorie nous fait nos lois et devrait représenter l'électeur, ne reçoit donc plus de mandat réel et ne représente plus personne: il ne représente que le parti politique qui l'a choisi comme candidat et ne rend de compte qu'à celui-ci. Il n'a pas concrètement la liberté de se dissocier de ce parti et de voter selon sa conscience: il pourrait être remplacé par un jeton entre les mains du Premier Ministre.

Dans ce scénario, le député n'a plus de rôle utile; il est largement perçu par la population comme s'acquittant - plutôt mal que bien - de celui ambigu d'un distributeur local officieux des passe-droits du gouvernement. L'assemblée Nationale, n'ayant elle-même pas plus d'utilité que ceux qui la composent, se borne donc à entériner - après des discussions toujours oiseuses et souvent disgracieuses - des décisions prises en caucus par le gouvernement,. Comment redonner aux députés et à l'Assemblée Nationale leur rôle et leur dignité ?

SOLUTION : Un député indépendant et une Assemblée souveraine

Dans le régime que nous proposons, le député doit être un homme de confiance, élu sur la base de sa réputation et ne représentant que ses électeurs. L'électeur le choisit par un vote distinct de celui par lequel il choisit le Premier Ministre. Ne peut être candidat au poste de député qu'une personne sans affiliation partisane, déclarant solennellement qu'il sera impartial et ne fera état d'aucune préférence pour l'un ou l'autre des partis politiques inscrits.

Les députés tous indépendants constituant l'Assemblée Nationale votent les lois que propose le gouvernement ou ne les votent pas. On leur demande de juger impartialement des lois proposées à l'aune de la conformité de ces lois au programme sur la base duquel le gouvernement a été élu et d'évaluer aussi constamment le gouvernement lui-même.

Comment l'Assemblée Nationale procède-t-elle à l'évaluation du gouvernement ? Au sein de l'Assemblée Nationale, les députés se répartissent d'abord la tâche spécifique de surveiller par petits groupes (Commissions parlementaires) les activités sectorielles de l'État. Ensuite, chaque Ministre du gouvernement se présente mensuellement devant l'Assemblée Nationale, propose ce qu'il a à proposer et rend compte de l'état d'avancement de ses travaux. On le questionne.

Si, après avoir entendu les réponses du Ministre, une majorité des députés juge que le travail de celui-ci est insatisfaisant, au vu du programme qui a permis au parti d'être élu et de former le gouvernement, ce Ministre est blâmé et a un mois pour s'amender. Si le mois suivant sa performance ne donne toujours pas satisfaction, les députés peuvent voter son renvoi, le Premier Ministre ayant alors trois (3) jours pour lui désigner un remplaçant.

Les députés peuvent aussi introduire des amendements aux projets de lois soumis par les ministres, amendements dont l'Assemblée jugera de la pertinence et de l'opportunité selon le même critère : la conformité au programme du parti que la population a élu. Le gouvernement peut en tout temps mettre fin à la présentation d'amendements et demander le vote, mais il le fait alors à ses risques d'être blâmé et d'en subir les conséquences, puisque l'Assemblée Nationale a le pouvoir de révoquer le gouvernement.

En effet, après que tous les ministres ont fait leur rapport, c'est le Premier Ministre lui-même qui se présente devant l'Assemblée en fin de mois pour rendre compte et être évalué. S'il est blâmé pour sa conduite globale des affaires de l'État - et s'il ne s'amende pas au cours du mois de grâce qui lui est aussi accordé - c'est lui et tout son cabinet qui sont révoqués.

Ce pouvoir de révocation du Premier Ministre, même si celui-ci a été élu directement par la population, est de l'essence même du régime que nous proposons. Le mandat direct que la population a donné au Premier Ministre en l'élisant est donc explicitement conditionnel à ce pouvoir de révocation par l'Assemblée.

La campagne électorale pour l'élection d'un nouveau gouvernement débute dix (10) jours après le vote de révocation par l'Assemblée. Le gouvernement durant l'intérim doit se limiter à la gestion conservatoire des affaires courantes, sous peine de nullité des autres décisions et engagements pris par l'État durant cet intérim.

1.3. L'aliénation de l'électeur de la chose publique

Comment, dans le système actuel, le citoyen pourrait-il croire que ce député, dont on a vu que l'allégeance est ailleurs, est son représentant et lui rendra des comptes ? Le citoyen ne croit plus que quiconque prétend le représenter au sein de l'État soit vraiment SON représentant et il est donc totalement aliéné de la chose publique.

En introduisant une démocratie contractuelle et en redonnant au député son rôle de législateur, on amène indubitablement l'électeur à s'intéresser davantage à son représentant, mais l'on ne règle pas pour autant la question de la représentativité de celui-ci.

Avec cette réforme, en effet, le député devient un personnage important alors que, pour l'électeur, il demeure un inconnu. Ne risque-t-on pas que le député s'éloigne encore plus de ses commettants et les représente encore moins? Assurément. Il faut donc prévenir et pallier cette distanciation en recréant la relation personnelle qui était à l'origine du concept de démocratie représentative.

Il faut faire en sorte que l’électeur ait un représentant qu'il connaisse et auquel il puisse s'identifier. Il trouvera dans cette relation la motivation de choisir ce représentant avec soin et, aussi, un sentiment d'appartenance à la structure politique qui l'incitera à en suivre avec plus d'intérêts les péripéties, ce qui est une condition essentielle d'une vraie démocratie.

SOLUTION : Une démocratie représentative

Le régime que nous avons présentement n'a de la démocratie représentative que le nom et la prétention, sans en avoir la substance ni les avantages. Pire, il ne semble pas raisonnable de penser qu'on pourrait le modifier et établir une relation personnelle vraiment fonctionnelle entre un député et ses dizaines de milliers d'électeurs. Il faut donc renoncer à certaines idées toutes faites et établir de nouvelles strates dans la hiérarchie de représentation. Entre le député et l'électeur, deux nouveaux paliers nous semblent nécessaires; celui de "Grand Électeur" et celui de "Conseiller".

A : Le "Grand Électeur"

Il faut reconnaître lucidement que tous les citoyens n'ont pas la connaissance minimale des enjeux politiques qui leur permettrait de voter avec discernement. Ils ne l'ont pas et ne veulent pas l'acquérir. Il n'est pas question de priver de son droit de vote celui qui ne connaît rien de la politique, mais on pourrait lui permettre d'exercer son droit de vote en le déléguant à un autre électeur en qui il a confiance et qui lui s'intéresse à la chose publique: un "Grand Électeur".

Tout électeur qui passe avec succès un examen sommaire faisant foi de sa compréhension minimale des règles et des enjeux électoraux devrait pouvoir obtenir la qualité de "Grand Électeur". Cet examen devrait être à la portée de quiconque sait lire et prend le temps de lire les journaux. Le Grand Électeur ne serait donc rien de plus que l'électeur informé et conscientisé que chacun devrait être.

Par la suite, au lieu d'exercer lui-même son droit de vote, quiconque le souhaite pourrait en déléguer l'exercice à un Grand Électeur en lui remettant sa carte d'électeur et en envoyant une déclaration assermentée à cet effet au bureau du Directeur général des élections. Un Grand Électeur, toutefois, ne pourrait détenir plus de 30 votes délégués et ne pourrait représenter un électeur sur qui il exerce une autorité. Il serait aussi tenu à la confidentialité quant à ses choix électoraux. L'électeur pourrait en tout temps, sauf en période électorale, mettre fin à cette délégation et exercer lui-même son droit de vote ou en déléguer l'exercice à un autre Grand Électeur,

Pourquoi ce palier supplémentaire de représentation dans notre démocratie? D'abord, pour créer une familiarité avec le pouvoir chez l'électeur aujourd'hui aliéné de la chose publique. Il faut un trait d'union entre l'électeur et le député, lequel, de par son mandat, n'est déjà plus citoyen "ordinaire". Ce trait d'union, c'est le Grand Électeur. Pour la majorité des gens, on ramène ainsi à échelle humaine le choix d'un représentant. Chacun peut choisir une personne qu'il connaît et en qui il a confiance.

Ensuite, l'électeur que n'intéresse pas la chose politique peut néanmoins contribuer ainsi utilement au processus démocratique, en choisissant pour le représenter quelqu'un en qui il a confiance au lieu de s'abstenir ou de voter au hasard. Ce n'est pas un choix futile, puisque de la qualité des Grands Électeurs dépendra la qualité de notre démocratie.

Enfin, les Grands Électeurs formeront un segment important de l'électorat, composé de personnes ayant un intérêt certain pour la politique et au moins les rudiments de connaissance requis pour une décision éclairée. On peut supposer que le Grand Électeur s'informera, établira mieux les rapports de cause à effet, sera moins vulnérable à la manipulation du pouvoir et des médias, tout en ne contrôlant pas un nombre de suffrages suffisant pour qu'on tente sérieusement de le soudoyer. Il déposera donc un vote plus réfléchi et le ton du discours politique en sera rehaussé d'un cran.

B: Le "Conseiller".

Les Conseillers seraient élus dans chaque circonscription en même temps que le Député. N'importe quel électeur peut se présenter au poste de Conseiller. Chaque électeur peut voter pour un Conseiller et un seul à chaque tour de scrutin, les Grands Électeurs disposant d'autant de votes que d'électeurs qu'ils représentent et pouvant répartir ces votes comme ils l'entendent entre les candidats Conseillers. Sont déclarés élus, au premier ou au second tour de scrutin, les candidats Conseillers ayant obtenu mille          (1 000) votes ou plus.

Le nombre des Conseillers dans une circonscription variera évidemment selon la distribution du vote. La publicité formelle du candidat Conseiller en campagne obéira aux mêmes limitations que celle du Député, mais quand 1 000 votes suffisent pour être élus, le bouche à oreille devient un outil efficace.

L'intention, en créant des Conseillers, est de permettre une représentation des minorités et groupes de pression tout en ne leur donnant que bien peu de pouvoir. Il est important que le Député et les Grands Électeurs soient et se présentent comme totalement impartiaux, mais il semble raisonnable que les Conseillers, tenus à l'impartialité quant aux partis en présence, soient identifiés cependant à des segments de la population. C'est entre Conseillers que se fera la conciliation des intérêts particuliers, le Député pouvant rester à l'écart des lobbies et l'un ou l'autre des Conseillers ne manquant pas l'occasion de le lui rappeler s'il l'oublie.

Normalement, c'est au Conseiller qui leur paraît le plus près de leurs intérêts que les individus adresseront leurs doléances ou viendront présenter leurs requêtes. C'est à lui qu'ils diront ce qu'ils attendent de l'État et les Conseillers fourniront ainsi constamment au Député l'image de ce que pensent ses électeurs et de ce qu'ils veulent.

Avant tout vote à l'Assemblée, le Député devra formellement consulter ses Conseillers et il y aura procès-verbal de leurs recommandations. Si 70% des Conseillers d'un Député sont en désaccord avec celui-ci quant à un vote à l'Assemblée, ils peuvent faire constater leur dissidence par notaire, en donner avis au Président de l'Assemblée et y faire enregistrer leur vote en lieu et place de celui de leur Député.

Ceci n'arrivera pas souvent, car il n'est pas si aisé de mettre d'accord pour un putsch 70% des membres d'un groupe représentatif de multiples tendances. Si la chose arrive, toutefois, le Député et les Conseillers seront considérés avoir démissionné en date de la présentation au Président de l'Assemble de l'avis de dissidence, sans préjudice à la validité du vote dont ils ont ainsi donné avis. Une élection partielle aura lieu le premier dimanche suivant le quarantième jour après leur démission, avec deuxième tour le dimanche suivant si nécessaire. Les électeurs seront informés de la position adoptée par le Député et de celle des Conseillers dissidents, permettant ainsi à la population de réitérer ou non sa confiance au député, aux divers conseillers ou à tous.

1.4. Le biais médiatique qui déséquilibre le dispositif électoral

Parce qu'il ne veut plus croire ce qu'on lui dit, l'électeur ne peut plus voter pour une idée ou un programme; il en est réduit à voter pour une image et un visage: nous sommes en "démocratie cosmétique". Mais un politicien a le visage et l'image de ses moyens et de ses appuis; appuis transparents, mais aussi parfois tacites, implicites et occultes.

L'électeur qui en est réduit à voter pour des images tend naturellement à favoriser celles qui sont omniprésentes et le mieux fagotées. Si un parti ou un candidat peut consacrer à se faire connaître et complimenter 20 fois la somme dont disposent certains de ses adversaires, la lutte n'est pas égale. On a prétendu régler ce déni d'équité par la limitation des dépenses électorales, mais les dépenses électorales ne sont que la toute petite pointe de l'iceberg.

Ce n'est pas la publicité payée qui est vraiment efficace, mais la publicité gratuite faite par les médias, les commentateurs, les éditorialistes. La liberté de la presse - qui ne doit en aucun cas être remise en question - permet hélas de contourner facilement l'esprit de la limitation imposée aux dépenses électorales. On manipule comme on veut via les médias, et le politicien qui ne peut compter sur la bienveillance des médias n'a aucune chance.

Quand un chroniqueur consacre 5 colonnes en page 4 de La Presse à louanger une candidate, combien d'argent devraient dépenser ses adversaires pour rétablir l'équilibre? Quand les médias citaient Pierre, Jean, Jacques en oubliant commodément Michel, est-ce que Prescott, en 1998, avait une chance de devenir maire de Montréal? Comment, sans museler les médias, donner une couverture honnête à chaque parti et à chaque candidat ?

SOLUTION : Un message pour chacun et moins de bruit pour tous

La couverture inégale que donnent les médias aux divers partis et aux divers candidats fausse le jeu électoral. On peut donner une chance honnête à chaque parti et à chaque candidat en rejetant l'approche marketing de la démocratie - laquelle vend comme du savon des idées creuses à une population distraite - et en la remplaçant par une obligation de l'État d'informer.

À chaque élection, l'État doit prendre en charge le coût de diffusion à l'échelle nationale, dans tous les médias écrits et télévisuels, du programme de chaque parti et du CV du chef de chaque parti. Chaque parti reconnu doit jouir aussi, aux frais de l'État, d'un envoi postal gratuit à tous les ménages de son programme et des curriculums des membres de son équipe. Chacun doit recevoir un même temps d'antenne à la radio et à la télévision. Un ou plusieurs débats télévisés doivent permettre aux chefs de tous les partis de s'affronter. Au palier des circonscriptions, les curriculums des candidats députés doivent aussi, en début de campagne, être publiés aux frais de l'État dans tous les journaux de la circonscription et faire l'objet d'un envoi postal gratuit à tous les ménages de la circonscription.

Ensuite ? Ensuite, on arrête et l'on se tait. Quiconque a un programme doit pouvoir le soumettre à la population sans que son message soit occulté, couvert par le vacarme des publicités payées. Aucune autre publicité gratuite ou payée que cette présentation unique des programmes et des curriculums ne doit être tolérée durant la campagne électorale. S'inspirant du ¨silence¨ médiatique que l'on fait déjà respecter la veille de l'élection, l'État doit mettre son veto à l'insignifiance durant toute la campagne électorale.

Restent les commentaires d'une presse qu'on veut libre. On peut rétablir l'équilibre entre les partis et les candidats sans priver les journalistes de leur droit de parole; il s'agit simplement de les forcer à passer aussi le micro. Que les journalistes continuent d'y aller de leurs commentaires sur les partis et leurs programmes comme sur les candidats; mais, dans la tradition du droit de réplique, tout article jugé critique par le Directeur général des élections doit donner lieu à une réponse de la partie présumée lésée. Quant aux articles et communiqués n'attaquant personne mais mettant en évidence un candidat ou un parti, il faut alors accorder à leurs adversaires un temps/espace équivalent pour qu'eux aussi puissent se faire connaître sous un jour favorable.

Qu'on ne nous dise pas qu'il est inapproprié d'accorder à un parti marginal la même couverture qu'à un parti qui semble capable de prendre le pouvoir; c'est peut-être parce qu'il n'a pas cette couverture équitable qu'un parti demeure marginal, et seulement parce qu'il a cette couverture que tel autre parti apparaît comme prêt à former le gouvernement. C'est à la population correctement informée qu'il appartient d'en décider, pas à des chefs de pupitre.

Est-ce que cette approche ne serait pas juste ? Ou aurait-on peur que, privée du cirque médiatique qui l'entoure, une campagne électorale ne parlant que des vrais enjeux ne devienne ennuyeuse et que la population ne se désintéresse encore plus de la politique ? Si c'est le cas, il vaudrait mieux trouver une autre façon de l'intéresser que de lui rabâcher des slogans vides.

1.5. L'exclusion des "petits partis" qui est un veto à l'évolution de la pensée politique

Notre démocratie, essentiellement de bipartisme, tend à favoriser l'alternance au pouvoir d'un parti de centre-centre-gauche et d'un parti de centre-centre-droite. Les tiers partis n'y ont leur place que : a) dans une chasse gardée dont ils ne sortent pas, ou b) pour une période de transition qui leur permet d'évincer l'un des deux (2) partis principaux, généralement celui qui se prétend " innovateur " mais qui a apporté toute l'innovation qu'il véhiculait au départ.

Ce bipartisme est un facteur de stabilité et de consensus et il faut préserver cet acquis. Il faut, toutefois, sous peine de stagnation de la pensée politique, de la démocratie et de la structure sociale elle-même, encourager l'émergence de nouvelles visions et de nouveaux partis dont, le temps aidant, l'un pourra devenir une alternative crédible de gouvernement.

Notre système actuel fixe trop haut le seuil à partir duquel un ou plusieurs tiers partis peuvent aspirer à la visibilité qu'apporte la reconnaissance formelle de leur légitimité par une présence à l'Assemblée Nationale. La conséquence inéluctable en est que c'est le talent de son leader - plutôt que les idées qu'il véhicule - qui permettront à un tiers parti d'évincer l'un des " vieux partis" et de devenir le parti de l'alternance. Ainsi Duplessis pour l'émergence de l'Union Nationale, Lévesque pour celle du Parti Québécois.

Comment donner une voix à toutes les tendances idéologiques significatives - et donc offrir un choix réel à la population - mais sans compromettre, ni même retarder indûment, la prise de décision politique et le fonctionnement harmonieux de l'État ?

SOLUTION : Abaisser le seuil de visibilité

Il faut briser l'impasse et encourager l'émergence et la visibilité de nouveaux partis politiques innovateurs, mais sans mettre en péril la stabilité gouvernementale. Pour ce faire, la meilleure approche semble être une élection à deux tours de scrutin. Au premier tour, c'est le choix du mieux : l'électeur accorde son vote au parti auquel il s'identifie; au deuxième tour, c'est le choix de consensus et du moindre mal, l'électeur votant pour celui qu'il préfère des deux partis qui restent en piste.

Les partis petits ou grands, comme la notion de ¨loyale opposition¨ héritée du Parlement britannique, n'ont évidemment pas de place dans une Assemblée Nationale constituée de députés indépendants et impartiaux. Il est souhaitable, cependant, que soit constituée une "Chambre consultative" réunissant les représentants de tous les partis ayant obtenu 1% ou plus du vote populaire au premier tour de l'élection précédente.

Aucun individu n'est élu à cette chambre consultative; ce sont les partis politiques, parti du gouvernement en tête, qui y disposent chacun d'un seul " fauteuil ", quel que soit le nombre de suffrages (> 1 %) qu'ils aient obtenus. Un seul fauteuil, mais on peut dire, que chacun de ces partis y dispose d'un nombre illimité de " voix ", puisqu'il peut inviter qui que ce soit à occuper ce fauteuil et à parler en son nom pour les fins d'un débat quelconque. Chaque parti y assigne donc à sa discrétion, selon la nature du débat, un expert ou vulgarisateur du thème discuté, ce qui devrait garantir un niveau de discussion bien supérieur à ce que nous offre présentement l'Assemblée Nationale.

Cette Chambre consultative siège, en fait avec l'Assemblée Nationale, mais n'y a pas droit de vote. Les députés entendent donc les observations de tous les partis représentés à la chambre consultative, ceux-ci ayant droit à une intervention - et une seule - pour présenter leurs commentaires et leurs recommandations sur chaque projet de loi et chaque rapport ministériel.

Des partis représentés à la chambre consultative, on ne s'attend pas à ce qu'ils se posent en objecteurs systématiques de tout ce que fait le gouvernement, mais qu'ils le dénoncent lorsqu'il le mérite et, surtout, qu'ils proposent des alternatives constructives.

La Chambre consultative ne vote pas et n'a aucun veto sur l'action du gouvernement; elle a cependant l'occasion d'influer sur le vote des députés. Elle a surtout l'écoute attentive des médias, puisqu'elle est la source des idées neuves. C'est par ce qu'il aura proposé à la Chambre consultative qu'un parti établira sa crédibilité pour l'élection suivante.

1.6. La démarche à huis clos de conception et de préparation des lois

La démocratie, même représentative dans son application, ne devrait pas se réduire à une intervention ponctuelle du citoyen au choix de ceux qui décideront pour lui de son avenir. Elle devrait signifier la participation continue du citoyen au processus de décision politique, mais aussi à l'identification des problèmes, à l'étude des solutions à leur apporter et à l'élaboration des lois venant encadrer l'application de ces solutions.

Il y a bien peu dans la démocratie actuelle pour favoriser cette intégration systématique de l'apport des citoyens à l'évolution constante du cadre normatif de la société. Les lois sont la plupart du temps pensées et rédigées à huis clos, entre initiés. Sauf quelques consultations populaires à visibilité variable, le citoyen est tenu à l'écart de cette démarche de genèse des lois. Comment mettre en place des mécanismes permanents de consultation qui feront la part belle à ce que les citoyens veulent vraiment ?

SOLUTION : La participation systématique du citoyen à la genèse des lois

Les moyens modernes de communication dont nous disposons permettent de consulter aisément et efficacement la population sans contrainte et il est inconcevable de parler de démocratie sans le faire. Il faut donc considérer comme un élément essentiel d'une réforme de la démocratie la mise en place d'une structure permanente de consultation de la population et il existe deux outils privilégiés pour le faire : l'Internet et le réseau Interac. Pour mettre en place une structure permanente de consultation, l'État peut et doit donc mettre en place une structure de consultation à deux volets.

A : Le volet INTERAC

L'État doit mettre à contribution le réseau Interac, auquel le citoyen aura accès pour cette fin via la "carte d'électeur" qu'on lui donnera enfin. On peut alors consulter formellement la population avec régularité sur toute question d'intérêt; chaque électeur se voit créditer une (1) "opinion" par sondage auquel on lui demande de participer et son NIP garantit l'authenticité de sa réponse. Le questionnement peut être totalement anonyme ou, si l'on veut une stratification qui rende l'échantillonnage statistiquement valide, la carte d'électeur peut porter les codes révélant les catégories démographiques ou socioéconomiques du détenteur sans dévoiler son identité.

Disposant d'une structure permanente de consultation, le gouvernement doit consulter la population par Interac sur tout projet de loi soumis à l'Assemblée Nationale. Le gouvernement peut expliciter sa position en quelques paragraphes simples joints au sondage, les autres partis politiques doivent aussi pouvoir, de la même façon, expliciter la leur. Tout le monde, d'ailleurs, pourra participer au débat. Ceci, c'est l'affaire du volet Internet.

B : Le volet INTERENET

On peut discuter de tout sur Internet; il ne faut que structurer impartialement la discussion et épurer le débat principal en référant les questions secondaires vers des sites connexes. L'État doit créer un site Internet auquel tout citoyen pourra avoir accès, soit pour faire des commentaires dans le cadre de consultations populaires initiées par le gouvernement, soit pour lancer lui-même sa propre consultation à laquelle la population pourra participer.

Utilisant le site Internet, les citoyens doivent pouvoir présenter des amendements à tout projet de loi, ainsi que soumettre de leur propre chef d'autres projets de loi qui, s'ils sont appuyés par un nombre à déterminer de citoyens, feront alors à leur tour l'objet d'une consultation formelle via le réseau Interac. On peut ainsi avoir simultanément en ligne des dizaines de " référendums " sur tous les sujets qu'on voudra, recueillant patiemment chacun des appuis jusqu'à ce qu'il mérite l'attention des hommes politiques ou sombre dans l'oubli. On peut sans danger multiplier ces consultations; il n'y a que du bien, en démocratie, à savoir ce que nous pensons les uns et les autres et à fournir à tous une façon parfaitement légale de se battre pour ses idées.

Cette approche est possible parce que nous sommes désormais dans une société " branchée ". À défaut de donner à chacun son ordinateur, l'État peut rendre l'équipement disponible gratuitement à tous - dans les écoles, par exemple - et offrir gratuitement à chaque citoyen un accès à l'Internet et une adresse de courriel. C'est tout ce dont on a besoin pour faire participer le citoyen à la genèse des lois, ce qui est le premier pas vers une nouvelle société plus démocratique.

Et n'oublions pas que le même scénario de sondages et de consultations qui s'applique à l'activité législative et aux projets du gouvernement peut également être mis en place au palier des instances décisionnelles régionales, locales et institutionnelles.

1.7. L'absence de contrôle efficace du citoyen sur l'application des lois

La démocratie actuelle ne prévoit pas de suivi par les citoyens des gestes par l'Administration en exécution des décisions prises par les législateurs. Le pouvoir exécutif ne fait pas de place utile au citoyen au sein des mécanismes de contrôle de l'Administration. Il ne lui laisse, seul devant la machine étatique, que le recours judiciaire, lent, coûteux, complexe.

Quelle que soit la participation du citoyen à la genèse des lois ou à la prise de décision politique, il n'aura pas vraiment ce pouvoir dont l'idéal démocratique voudrait qu'il dispose tant qu'il n'aura pas sur la réalité quotidienne des moyens d'intervention plus commodes que d'ester en justice. Il doit pouvoir suivre pas à pas l'action des exécutants, vérifier quand il le faut leur bonne foi, leur compétence et leur diligence à s'acquitter des directives qu'ils ont reçues, introduisant au besoin seulement les recours au pouvoir judiciaire qui paraîtraient justifiés. Comment donner au citoyen les moyens de ses droits ?

SOLUTION : Bâtir l'agora virtuel où les citoyens s'uniront pour s'aider

La démocratie, ce n'est pas seulement que le peuple décide mais aussi qu'il dispose du pouvoir et des moyens de vérifier l'application des lois et règlements. Qu'il ait un recours efficace si l'application ponctuelle en est biaisée, qu'il puisse les faire modifier au besoin, voire les faire changer radicalement quand il le faut.

Quand on pense à une réforme de la démocratie, on pense d'abord à modifier le processus décisionnel au sens strict. Pourtant, le contrôle de l'application qu'en font les administrations à tous les paliers est tout aussi important que la décision de l'État elle-même. Peut-être plus, puisque cette facette "contrôle" de la véritable démocratie touche la relation concrète entre l'État (Administration) et les individus.

À qui peut se plaindre efficacement, aujourd'hui, celui qui a un grief contre l'État lui-même, contre une régie, un directeur d'école, un fonctionnaire? Va-t-il se plaindre aux tribunaux? Au Protecteur du citoyen? Combien de mois et d'années lui faudrait-il pour faire redresser un tort qui souvent, dans les jours sinon les heures qui suivent, sera devenu irréparable et invérifiable ?

Une société démocratique peut et doit mettre en place les mécanismes adéquats pour que chaque manque et chaque abus de droit puisse être divulgué et diffusé largement sans délai. Ceci est désormais possible en utilisant un volet du site Internet de l'État auquel les citoyens auraient accès pour le faire. Quiconque est lésé, brimé, traité injustement ou cavalièrement, pourrait ainsi faire connaître ses doléances, prendre connaissance des plaintes semblables qui ont été formulées, contacter ses compagnons d'infortune, bénéficier du soutien des associations qui ne manqueront pas de naître pour tirer parti de cette information nouvelle, écouter les conseils des avocats L'individu qui a ainsi où s'exprimer n'est plus jamais seul face à l'Administration.

Le pouvoir formidable de la démocratie apparaîtra quand la société instaurera un contrôle de qualité continu des services que l'administration rend à la population. Quiconque a été hospitalisé ou traité dans le cadre du réseau de la santé devrait remplir un formulaire évaluant les services qu'il a reçus et l'on pourrait offrir la même occasion de s'exprimer à ceux qui fréquentent une institution d'enseignement. Même évaluation par ceux qui doivent avoir recours au système judiciaire; la décision rendue doit rester soumise au respect qu'on doit aux magistrats, mais le laisser-aller du système, le délabrement et la vétusté des équipements, les délais odieux, ce sont là des critiques que la population a le droit d'apporter à l'exercice de la justice et dont les responsables devront tenir compte.

Les femmes, les aînés, les jeunes, les immigrants, les assistés sociaux, doivent aussi pouvoir dire - et se dire entre eux - la façon dont on les traite. Ils doivent pouvoir en avertir tout le monde. Les détenus aussi doivent avoir une voix. Quiconque s'en croit la responsabilité ou en a le goût doit pouvoir prendre faits et cause pour les groupes opprimés ou simplement négligés et défendre les droits des faibles.

Le bureau du Protecteur du citoyen doit recevoir un mandat plus large et beaucoup plus de moyens,  devenir peut-être un Secrétariat de la Qualité des services de l'État. Peut-être le titulaire du poste, évidemment libre de toute attache politique, devrait-il être élu pour 10 ans. Ça aussi, c'est la démocratie.

Conclusion de la première partie

Si on ne veut pas que la réforme de notre démocratie soit un coup d'épée dans l'eau, Il faut apporter une solution à TOUS ces problèmes. Un changement du mode de scrutin peut être un élément important de la mise à jour de nos institutions démocratiques, mais il est clair qu'il n'en constitue pas la clef de voûte. Conclure ce débat en introduisant la représentation proportionnelle, sans plus, comme s'il s'agissait d'une panacée, serait sans signification réelle et n'apporterait pas un vrai changement de notre démocratie. À trop vouloir s'attarder à ce remède simpliste, on risque de laisser le problème entier, voire de créer le doute raisonnable de ne s'y être attaqué de cette façon réductrice que pour en retarder indéfiniment la discussion sérieuse et repousser l'échéance du changement qui s'impose. Il faudrait éviter ce piège.

2. Une proposition

Nous croyons utile de formuler nos propositions en suivant le schème présenté par le document qui a servi de pont de départ aux États généraux. Dans cette deuxième partie, nous ne nous écarterons donc pas du cheminement tracé par le document du Ministère, mais en suivrons les points dans l'ordre. On notera que nous avons choisi de reprendre certains passages courts de la première partie plutôt que d'y faire référence.

2.1 Démocratie; modèle britannique ou américain ?

Nous proposons une démocratie de type présidentiel. Comme le président aux USA, le Premier Ministre y incarnerait seul le pouvoir exécutif du gouvernement et en serait le seul responsable devant l'électorat. Le PM nomme ses ministres, lesquels ne sont donc pas élus, mais choisis en fonction de leur compétence. Le régime que nous proposons se distingue toutefois du système américain sur un point d'une extrême importance: le Premier Ministre et son gouvernement SONT responsables devant le Parlement (Assemblée Nationale) et celle-ci PEUT les renverser. C'est même là l'une des trois (3) fonctions principales de l'Assemblée, les deux autres étant de légiférer et de représenter la population.

La thèse a été avancée que l'Assemblée ne saurait démettre le Premier Ministre, puisque celui-ci tient alors son mandat directement du peuple. Cette objection ne s'applique pas dans le régime que nous proposons, puisque d'entrée de jeu, au moment de les élire l'un et l'autre, la population a rendu le mandat de l'Exécutif conditionnel au respect de son programme et à la réalisation de ses objectifs, confiant spécifiquement à l'Assemblée le mandat d'évaluer l'action de l'Exécutif et le pouvoir de le démettre s'il n'accomplit pas le mandat impératif qu'il a reçu.

Dans ce régime, conformément à la tradition britannique et même si nous parlons d'un régime essentiellement présidentiel, c'est bien " le Parlement (qui) est souverain ". Il l'est, sous réserve des balises de démocratie directe dont les moyens de communication modernes rendent maintenant possible la mise en place sans sacrifier l'efficacité du système.

Il n'y a pas d'incohérence dans le modèle que nous proposons; la confusion qui s'est créée entre l'Exécutif et le Législatif dans notre régime actuel dit parlementaire est seulement dissipée: l'Exécutif devient un exécutant qui propose mais ne dispose pas. Le peuple est appelé à choisir directement le Premier Ministre, mais c'est pour se prononce sur les propositions et sur la crédibilité de ce dernier, pas pour priver ses représentants les députés de leur pouvoir au quotidien de démettre un Exécutif inepte ou qui ne respecte pas ses engagements.

Les implications du modèle que nous proposons sont les suivantes :

- Non seulement Premier Ministre et ministres ne peuvent être députés, mais nul ne peut être député qui prend position publiquement pour un parti politique et personne ne peut être candidat au poste de député sans avoir fait la déclaration solennelle de son impartialité et de son indépendance.

- L'élection à l'Assemblée législative est à jour fixe. L'élection du Premier Ministre a lieu à jour fixe mais aussi, en cas de révocation du Premier Ministre, le premier dimanche suivant le quarantième jour de cette révocation, le deuxième tour, si nécessaire, en ayant lieu le dimanche suivant. Si cette élection du Premier Ministre en cas de révocation précède de moins de trois mois le jour fixe où elle aurait eu lieu sans cette révocation, elle n'est pas reprise à la date prévue mais présumée avoir été tenue par anticipation, le mandat du Premier Ministre ne se terminant alors qu'à l'échéance électorale suivante.

- Au sein de l'Assemblée Nationale, les députés se répartissent la tâche spécifique de surveiller par petits groupes (Commissions parlementaires) les activités sectorielles de l'État. Chaque Ministre du gouvernement - et finalement le Premier Ministre lui-même - se présentent mensuellement devant l'Assemblée Nationale, proposent ce qu'ils ont à proposer (projets de loi) et rendent compte de l'état d'avancement de leurs travaux.

- Les députés peuvent introduire des amendements aux projets de lois soumis par les ministres, amendements dont l'Assemblée jugera de la pertinence et de l'opportunité selon le même critère: la conformité de ces amendements avec le programme du parti que la population a élu. Le gouvernement peut en tout temps mettre fin à la présentation d'amendements et demander le vote, mais il le fait alors à ses risques d'être blâmé et d'en subir les conséquences puisque l'Assemblée Nationale a le pouvoir de révoquer le gouvernement.

- Un député ne peut appartenir à aucune faction et toute tentative de sa part pour constituer avec d'autres députés un groupe parlementaire prenant position sur tout autre sujet qu'un projet de loi spécifique soumis pour vote à l'Assemblée Nationale serait motif à sa destitution par un vote de ses pairs, donnant lieu à une élection partielle le premier dimanche suivant le quarantième jour de la destitution.

- Un tribunal ad hoc - ou un tribunal existant investi du pouvoir de le faire - doit pouvoir intervenir pour empêcher la révocation du pouvoir exécutif par l'Assemblée si la décision de celle-ci était évidemment déraisonnable ou basée sur des considérations contraires à l'esprit de la démocratie contractuelle. Le même tribunal doit pouvoir aussi forcer la destitution d'un ou plusieurs députés dont le comportement serait manifestement contraire à l'esprit du mandat de député et dont les pairs refuseraient d'agir ou seraient de connivence avec eux.

2.2 Le mode de scrutin; majoritaire ou proportionnel ?

Majoritaire à deux tours avec un correctif d'apparentement que nous définissons ci-dessous. Pourquoi majoritaire? Parce qu'une décision EST ou n'EST PAS et qu'un gouvernement efficace doit pouvoir décider. Vite. Une représentation proportionnelle, favorisant l'émergence de groupes parlementaires nombreux, mène à une situation ou personne n'a le pouvoir de décider. Les tractations entre ces groupes créent des compromis qui sont des compromissions et conduit à l'adoption de politiques incohérentes qui sont adoptées parce qu'elles ont surtout le mérite de l'ambiguïté et celui de ne déranger personne.

Pourquoi à deux tours ? Parce que la population a le droit de se reconnaître dans un paysage politique qui soit plus que la simple alternance d'un parti du centre avec un autre parti du centre. Chaque citoyen doit pouvoir s'identifier à la vision politique qu'il juge la meilleure, aussi divergente soit-elle de ce que pense la majorité. Dans un scrutin majoritaire à deux tours, la population vote dans un premier temps pour celui qu'elle juge " le meilleur " puis, ensuite, pour celui qu'elle considère " le moindre mal ".

Le consensus pour porter au pouvoir le " moindre mal ", c'est l'essence même d'une démocratie où chacun, par respect pour les autres, renonce à ses prétentions exorbitantes ou trop avant-gardistes et accepte un " centre " imparfait mais tolérable. Le deuxième tour est celui du consensus. Il faut donc éviter les résultats aberrants découlant d'une fragmentation du vote et qui mèneraient à la situation absurde de DEUX (2) partis extrémistes se glissant au deuxième tour et enlevant à l'électeur tout choix d'un juste milieu. Que se serait-il passé en France récemment, si le deuxième tour avait opposé le FN au PC ?

Pour éviter ce piège nous proposons un correctif d'apparentement. Chaque électeur, au premier tour, devrait indiquer non seulement pour qui il vote mais aussi son second choix. Dans le cas fréquent d'un deuxième tour, sont appelés non pas les deux candidats qui ont obtenu le plus de votes, mais les deux candidats qui ont obtenu le plus de votes ET de seconds choix.

Avec ce correctif, le deuxième tour tend à opposer des candidats perçus comme plus rassembleurs. Le premier choix de l'électeur n'en demeure pas moins d'une vitale importance, puisque c'est ce premier tour qui détermine la participation à la Chambre consultative et montre à la population le véritable niveau de popularité dont jouit un parti.

Nous ne faisons pas de commentaires sur le processus de définition des circonscriptions électorales, sur les principes duquel il semble exister un consensus large et dont les difficultés nous semblent être plutôt du niveau des techniques permettant de donner suite à ce consensus.

2.3 Système centralisé ou pouvoir aux régions ?

Une hiérarchisation fonctionnelle des pouvoirs et des moyens de les exercer. Une régionalisation n'a de sens que lorsque les intérêts régionaux, en bloc ou sur certains points précis, prennent le pas sur le sentiment d'identité à l'ensemble; elle n'est appliquée de bon gré que si la collectivité globale accepte cette hiérarchie des valeurs. La collectivité globale - ici le Québec - pourrait, bien sûr, accepter que s'installe sur le territoire du Québec une hiérarchie des valeurs qui ferait de chacun un Gaspésien, un Estrien ou un Montréalais d'abord, ceci nous conduisant éventuellement à un Québec devenu lui-même fédéral. Nous ne croyons pas que ceci soit la démarche que veut privilégier le Québec.

Si l'ensemble des Québécois veulent être d'abord Québécois - et ensuite seulement des habitants de leurs régions respectives - les critères déterminant la place des régions doivent être ceux : a) du respect de la démocratie, b) de l'efficacité administrative, et c) de la solidarité qui est indissociable du sentiment d'appartenance à un tout.

a) Par respect de la démocratie, nous excluons tout système accordant un poids inégal à la représentation issue d'une région ou d'un groupe ou introduisant un système bicaméral institutionnalisant autrement cette pondération biaisée. On ne doit pas sur-représenter les minorités, ce qui est un déni des droits de la majorité, mais plutôt s'assurer que n'est soumis à la volonté de la majorité que l'espace normatif à l'intérieur duquel prévaut une commune appartenance qui transcende les identifications régionales.

Ceci signifie qu'une large part des décisions qui sont prises par l'État du Québec pour l'ensemble des Québécois pourraient et devraient l'être au palier des régions ou des MRC. Il ne faudrait pas penser qu'on met en péril l'u