Les dents de la Terre

Le temps est venu d'assumer nos responsabilités
en ce qui concerne les changements climatiques!

Jean-Philippe Pleau
Sociologue et citoyen montréalais

Édition
du samedi 5 et du dimanche 6 août 2006

Il a fait très chaud au Québec ce 1er août 2006. Au faîte de la canicule, le site Internet de Météomédia indiquait pour Montréal une température de 34 degrés. Ajoutons à cela le facteur Humidex, qui indiquait 47 degrés. De mémoire de trentenaire, jamais je n'avais éprouvé pareille sensation au pays. Coin Berri et Sainte-Catherine, à 14h30, j'ai même éprouvé de la sympathie pour les homards.

Cependant, à la différence du homard que l'on plonge dans l'eau bouillante, nous, les humains, nous rapprochons davantage de la grenouille nageant dans une marmite d'eau froide et qui tente d'en sortir une fois que la température a augmenté, mais en vain, parce qu'elle est déjà cuite. Pour filer la métaphore, une seule question se pose : Quand aurons-nous suffisamment chaud pour nous décider à sortir de la casserole ?

Pendant ce temps, les preuves scientifiques s'accumulent à l'appui de la thèse du réchauffement climatique. Même le profane parvient à constater de visu l'évolution du problème. Mais le doute s'empare de nous. Pourtant, il ne s'agit pas de défendre une idéologie politique. Il est plutôt question d'accepter un diagnostic environnemental : la planète sue.

Just do it

Des experts en gestion de crise rétorqueront qu'il nous faut nous adapter. Mais, au risque de sonner faux en ces temps post-modernes, l'adaptation a des limites : quand tout le monde aura son climatiseur et travaillera l'été à l'air conditionné, la chaleur accablante sévira encore. Croire pour voir ne suffit pas.

En ce sens, le sentiment d'urgence d'agir en matière d'environnement doit cesser d'être un concept idéologique flou associé à quelques gauchistes égarés. Il doit se traduire au plan politique et, surtout, n'être ni perverti ni récupéré, comme il est arrivé au développement durable. Et je ne parle pas là de l'accord de Kyoto, qui, par son caractère frileux et inoffensif, représente bien plus un outil de légitimation du système capitaliste qu'un véritable moteur de changement.

Pour nous en sortir, il faudra d'abord remettre en question l'idéologie de marché et rompre avec le fantasme du taux de profit croissant, devenu l'instrument de mesure de la santé des sociétés contemporaines. Cela a un prix.

 

Il faudra aussi évacuer cet aplatventrisme qui fait de certains libertariens les principaux experts-conseils du gouvernement. Je pense ici à l'Institut économique de Montréal, qui structure l'opinion publique à coup d'études et qui reçoit un appui inconditionnel des médias sans jamais recevoir ne serait-ce que l'ombre d'une critique. Pour un organisme qui se dit non partisan, une étude dont le titre est Comment la recherche du profit améliore la qualité de l'environnement (2003) laisse perplexe. N'importe quel environnementaliste serait discrédité pour beaucoup moins.

Pareils constats appellent à une meilleure reconnaissance sociale d'experts et de penseurs comme Laure Waridel, Jacques Languirand et Albert Jacquard, de même qu'à une place dans les médias à des recherches qui ne visent pas a priori la rentabilité économique. Ultimement, la naissance de solutions naîtra de la fin de l'instrumentalisation marchande de la science, et aussi d'une confrontation d'idées et de constats, voire de débats philosophiques, comme il n'y en a pas ou très peu actuellement. L'esprit de clocher a fait son temps, et l'appel de la modernité sonne à nouveau.

Pour la suite des choses

En septembre, bien peu feront de cas de la canicule qui nous a plongés dans un sauna au début du mois d'août. Mais c'est justement là que le bât blesse. Nous n'avons rien à gagner à long terme en fuyant la chaleur et en nous disant que dans quelques jours, tout sera terminé. Le temps est venu d'assumer nos responsabilités.

Cependant, il est vrai qu'à l'heure où s'imposent des changements radicaux dans nos pratiques sociales, le moindre appel à la contestation se solde souvent par des arrestations, pire, par un consensus mou en faveur du statu quo, voire du « changement » que consacre l'élection de gouvernements qui gèrent la vie humaine comme un portefeuille d'actions.

Pourtant, 200 000 personnes sont descendues dans la rue à Montréal pour manifester contre la guerre en Irak en 2003. Voilà qui est courageux. Or, qu'attendons-nous pour nous mobiliser ici sur des enjeux environnementaux ? Le changement social n'a pas à être subordonné à sa rentabilité économique, ni récupéré par un État-connivence.

Bref, il ne suffit plus d'être lucide, ni même solidaire, si ces concepts n'ont rien d'opérationnel. Il importe d'agir pour la suite du monde, dirait Pierre Perreault. Mais cela renvoie à des valeurs, domaine qui ne doit plus être la chasse gardée des conservateurs, s'opposant à la liberté et au droit de polluer.ca. Car la sociologie enseigne qu'un schème de valeurs est nécessaire à toute société, sans quoi celle-ci n'est plus qu'un amalgame de libertés individuelles confinant à l'anarchie.

Nous ne pouvons pas nous contenter de voir Hydro-Québec profiter à plein régime des fortes chaleurs en vendant de l'électricité aux États-Unis. Ce n'est pas là l'héritage que je souhaite léguer à mes enfants. Pour l'heure, la fondation est fissurée. À nous de ne pas y apposer que du plâtre, car l'eau se chargera du reste.

Une lettre ouverte au Ministre de l'Environnement du Canada

http://www.justiceplus.org/La-revolution-verte.htm

http://www.justiceplus.org/Harper-tente-d-esquiver-Kyoto.htm

http://www.justiceplus.org/Le-grogne-albertain.htm

http://www.justiceplus.org/Le-Quebec-Face-aux-changements-climatiques.htm

http://www.justiceplus.org/Pour-quelques-degres-de-plus.htm

http://www.justiceplus.org/A-Letter-to-Mr-Harper.htm

http://www.justiceplus.org/Al-Gore-Urgence-Climatique.htm

http://www.justiceplus.org/Assise-sur-une-bombe-a-retardement.htm

http://www.justiceplus.org/Al-Gore-La-Crise-Climatique.htm

http://www.justiceplus.org/Canadians-want-it-all.htm

http://www.justiceplus.org/Nous-sommes-tannes.htm

http://www.justiceplus.org/Urgence-a-agir.htm

http://www.justiceplus.org/Les-caves.htm

http://www.justiceplus.org/Grandes-inquietudes-devant-l-inaction.htm

http://www.justiceplus.org/Une-bouffee-d-air-frais.htm

http://www.justiceplus.org/Mieux-miser-sur-le-transport-en-commun.htm

http://www.justiceplus.org/Mankind-faces-self-inflicted-threat-of-extinction.htm

http://www.justiceplus.org/Vers-le-point-de-non-retour.htm

http://www.justiceplus.org/LETTRE-OUVERTE-A-MON-DEPUTE.htm

http://www.justiceplus.org/Lettre-au-ministre-Bechard.htm

Il reste moins de 10 ans pour éviter le catastrophe !

Le rechauffement climatique et la grenouille

TIME IS RUNNING OUT

Gagged Climate Expert

Je vous tiens entièrement responsable

Le citoyen est plus qu'un simple bulletin de vote

http://www.justiceplus.org/LE-MANIFESTE-DE-LA-CMCC.htm

http://www.fight-hegemony.org/cmcc/

http://www.justiceplus.org/Face-aux-changements-climatiques.htm

http://www.justiceplus.org/Effondrement-du-climat.htm