IL
EST TEMPS DE PRÉSENTER NOS MÉMOIRES
AU
COMITÉ DIRECTEUR DES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR LA RÉFORME DES INSTITUTIONS
DÉMOCRATIQUES
Ce mémoire fut envoyé au secrétariat des États Généraux à Maître
Louis Brault
le 6 novembre 2002 par courriel
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Mandat sur la réforme du mode de scrutin au Québec En octobre 2002, la Commission des institutions entreprenait de sa propre initiative une consultation générale sur le document intitulé La réforme du mode de scrutin au Québec. Cent trente cinq (135) personnes et organismes ont répondu à l’invitation de la Commission et ont fait parvenir un mémoire. Les auditions devaient débuter en mars 2003, mais le déclenchement des élections au Québec a eu pour effet de mettre fin à ce mandat. La somme incalculable d’heures de travail consacrées par les rédacteurs de ces documents et la grande qualité de ceux-ci ont convaincu les membres de la Commission de rendre ces documents disponibles sur Internet pour tous les intéressés le 18 février 2004. En séance de travail, les membres de la Commission ont résolu de faire le dépôt officiel de tous ces documents les rendant par le fait même publics et susceptibles d’être consultés par le public en général. Le lecteur y trouvera donc l’ensemble des mémoires reçus au Secrétariat des commissions. Réservant leurs commentaires sur ces documents, mais étant conscients de l’apport important qu’ils pourront avoir sur le débat public entourant la réforme du mode de scrutin au Québec, les membres de la Commission des institutions vous souhaitent bonne lecture à tous. |
Mémoire de Lucien Pigeon pour la Démocratie Contractuelle
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En démocratie, le pouvoir
appartient aux citoyens. Dans la démocratie québécoise actuelle, la place que
les citoyens occupent dans l’exercice du pouvoir politique est presque nul!
Voilà la réalité bien connue. Il est grand temps de moderniser notre régime
politique:
Autres suggestions ou
commentaires : La représentation
proportionnelle ne semble pas apporter une amélioration majeure à notre système.
L'accent qu'on veut mettre sur la proportionnelle semble être une façon de
détourner l'attention des véritables réformes qui sont
nécessaires. Si on ne veut pas que la
réforme de notre démocratie soit un coup d'épée dans l'eau, Il faut apporter une
solution à TOUS ces problèmes. Un changement du mode de scrutin peut être
un élément important de la mise à jour de nos institutions démocratiques, mais
il est clair qu'il n'en constitue pas la clef de voûte. Conclure ce débat en
introduisant la représentation proportionnelle, sans plus, comme s'il s'agissait
d'une panacée, serait sans signification réelle et n'apporterait pas un vrai
changement de notre démocratie. À trop vouloir s'attarder à ce remède simpliste,
on risque de laisser le problème entier, voire de créer le doute raisonnable de
ne s'y être attaqué de cette façon réductrice que pour en retarder indéfiniment
la discussion sérieuse et repousser l'échéance du changement qui s'impose. Il
faudrait éviter ce piège. Démocratie; modèle
britannique ou américain ? Je veux une démocratie de
type présidentiel comme aux États-Unis. Le Premier Ministre y incarnerait seul
le pouvoir exécutif du gouvernement et en serait le seul responsable devant
l'électorat. Le PM nomme ses ministres, lesquels ne sont donc pas élus, mais
choisis en fonction de leur compétence. Le régime que je veux se distingue
toutefois du système américain sur un point d'une extrême importance: le Premier
Ministre et son gouvernement SONT responsables devant le Parlement
(Assemblée Nationale) et celle-ci PEUT les renverser. C'est même là l'une
des trois (3) fonctions principales de l'Assemblée, les deux autres étant de
légiférer et de représenter la population. La thèse a été avancée que
l'Assemblée ne saurait démettre le Premier Ministre, puisque celui-ci tient
alors son mandat directement du peuple. Cette objection ne s'applique pas dans
le régime que je veux, puisque d'entrée de jeu, au moment de les élire l'un et
l'autre, la population a rendu le mandat de l'Exécutif conditionnel au respect
de son programme et à la réalisation de ses objectifs, confiant spécifiquement à
l'Assemblée le mandat d'évaluer l'action de l'Exécutif et le pouvoir de le
démettre s'il n'accomplit pas le mandat impératif qu'il a
reçu. Dans ce régime,
conformément à la tradition britannique et même si nous parlons d'un régime
essentiellement présidentiel, c'est bien " le Parlement (qui) est souverain ".
Il l'est, sous réserve des balises de démocratie directe dont les moyens de
communication modernes rendent maintenant possible la mise en place sans
sacrifier l'efficacité du système. Il n'y a pas d'incohérence
dans le modèle que je veux; la confusion qui s'est créée entre l'Exécutif et le
Législatif dans notre régime actuel dit parlementaire est seulement dissipée:
l'Exécutif devient un exécutant qui propose mais ne dispose pas. Le peuple est
appelé à choisir directement le Premier Ministre, mais c'est pour se prononce
sur les propositions et sur la crédibilité de ce dernier, pas pour priver ses
représentants les députés de leur pouvoir au quotidien de démettre un Exécutif
inepte ou qui ne respecte pas ses engagements Les implications du modèle
que je veux sont les suivantes. - Non seulement Premier
Ministre et ministres ne peuvent être députés, mais nul ne peut être député qui
prend position publiquement pour un parti politique et personne ne peut être
candidat au poste de député sans avoir fait la déclaration solennelle de son
impartialité et de son indépendance. - L'élection à l'Assemblée
législative est à jour fixe. L'élection du Premier Ministre a lieu à jour fixe
mais aussi, en cas de révocation du Premier Ministre, le premier dimanche
suivant le quarantième jour de cette révocation, le deuxième tour, si
nécessaire, en ayant lieu le dimanche suivant. Si cette élection du Premier
Ministre en cas de révocation précède de moins de trois mois le jour fixe où
elle aurait eu lieu sans cette révocation, elle n'est pas reprise à la date
prévue mais présumée avoir été tenue par anticipation, le mandat du Premier
Ministre ne se terminant alors qu'à l'échéance électorale
suivante. - Au sein de l'Assemblée
Nationale, les députés se répartissent la tâche spécifique de surveiller par
petits groupes (Commissions parlementaires) les activités sectorielles de
l'État. Chaque Ministre du gouvernement - et finalement le Premier Ministre
lui-même - se présentent mensuellement devant l'Assemblée Nationale, proposent
ce qu'ils ont à proposer (projets de loi) et rendent compte de l'état
d'avancement de leurs travaux. - Les députés peuvent
introduire des amendements aux projets de lois soumis par les ministres,
amendements dont l'Assemblée jugera de la pertinence et de l'opportunité selon
le même critère: la conformité de ces amendements avec le programme du parti que
la population a élu. Le gouvernement peut en tout temps mettre fin à la
présentation d'amendements et demander le vote, mais il le fait alors à ses
risques d'être blâmé et d'en subir les conséquences puisque l'Assemblée
Nationale a le pouvoir de révoquer le gouvernement. - Un député ne peut
appartenir à aucune faction et toute tentative de sa part pour constituer avec
d'autres députés un groupe parlementaire prenant position sur tout autre sujet
qu'un projet de loi spécifique soumis pour vote à l'Assemblée Nationale serait
motif à sa destitution par un vote de ses pairs, donnant lieu à une élection
partielle le premier dimanche suivant le quarantième jour de la
destitution. - Un tribunal ad hoc - ou
un tribunal existant investi du pouvoir de le faire - doit pouvoir intervenir
pour empêcher la révocation du pouvoir exécutif par l'Assemblée si la décision
de celle-ci était évidemment déraisonnable ou basée sur des considérations
contraires à l'esprit de la démocratie contractuelle. Le même tribunal doit
pouvoir aussi forcer la destitution d'un ou plusieurs députés dont le
comportement serait manifestement contraire à l'esprit du mandat de député et
dont les pairs refuseraient d'agir ou seraient de connivence avec
eux. IDENTIFICATION
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