2e Sommet des citoyen(ne)s sur l'avenir de Montréal
vendredi le 22 mars/2002 18:00 & samedi le 23 mars/2002 à 08:30

« Vers La Démocratie Participative »

Les municipalités québécoises - une décentralisation en panne ?

LES ATELIERS DE LA DÉMOCRATIE CIVIQUE
LA PARTICIPATION DES CITOYEN(NE)S
ET LA PRISE DE DÉCISIONS

Ressources: Pierre J. Hamel INRS - Urbanisation/UQAM
Président: Jean Lapalme

EXPOSÉ DU PROFESSEUR HAMEL:  
La situation au Québec est sensiblement différente de celle qui prévaut dans le reste du Canada et dans certains pays tels que l’Allemagne, la Belgique, les USA et le Royaume Uni. En effet, dans certaines provinces du Canada et dans certains de ces pays, les municipalités contrôlent des services importants tels que l’éducation, la santé, l’électricité, le gaz et la diffusion par câble.

  1. Historiquement au Québec, les municipalités se sont vues dépouiller de leur pouvoir de taxation ainsi que de leurs champs de responsabilité. 

    Il faut rappeler qu’en 1867, le niveau de pouvoir de loin le plus important était celui de municipalités, suivi des commissions scolaires. Les municipalités administraient le secours direct, les travaux publics et la taxe de vente provinciale; celle-ci a été retirée au niveau municipal en 1960 et la ristourne provinciale aux municipalités sur la taxe de vente a été abolie par M. Parizeau. Auparavant, le ministre des Affaires municipales, M. Claude Ryan avait retiré à celles-ci la taxe d’amusement. Outre la taxe de bienvenue qui reste la seule taxe à la consommation aux mains d’élus municipaux, les municipalités n’ont plus que la taxe foncière comme champ de taxation.

    Au niveau fédéral les municipalités recevaient des points d’impôt sur l’impôt fédéral jusqu’en 1947, date à laquelle ce transfert fut aboli.

    La seule logique qui a prévalu à ce dépouillement est la raison du plus fort

  2. En ce qui concerne la prestation de services de la part des municipalités, le dépouillement est moins systématique qu’au niveau des pouvoirs fiscaux. Pourtant, là aussi, les opportunités ratées sont légion : faut-il rappeler que les CLSC, qui sont complètement déconnectés de la structure municipale, ont eu pour ancêtre des réalités tout à fait municipales, à savoir les cliniques populaires?  De ce point de vue, les CRD ainsi que les CLE sont autant d’opportunités ratées de redonner du pouvoir aux édiles municipaux. On retrouve le même esprit dans le dossier du prolongement de l’autoroute Ville Marie où le ministre Chevrette a complètement tassé la Ville de Montréal.  Dans le cas d’un nouveau lien avec la Rive Sud la CMM (Commission Métropolitaine de Montréal) n’a même pas été interpellée, l’AMT (Agence Métropolitaine de Transport)  est contrôlée par Québec qui la finance, et, finalement, on a voulu récemment déposséder la Ville de Sherbrooke de Hydro Sherbrooke.

  3. Il est grand temps d’arrêter l’opération de dépossession des villes et celles-ci devraient entreprendre une « reconquista ». Certaines bases existent pour faire cela : le meilleur exemple reste l’existence d’un fort secteur témoin municipal public dans le domaine de la cueillette des ordures.  Par ailleurs, il est important de ne pas étouffer la diversité comme en témoigne l’existence d’un service municipal d’ambulances à Côte-Saint-Luc.

PÉRIODE DE QUESTIONS ET DE COMMENTAIRES

La démultiplication des lieux de pouvoir et de décision à la faveur de la démocratisation comporte un certain nombre de dangers, soit de les banaliser ou de contribuer à la composition d’une petite caste de démocrates professionnels qui ont la disponibilité requise. Par ailleurs, les groupes populaires aux ressources limitées n’ont absolument pas les moyens de travailler tous les arrondissements et donc demandent aux autorités centrales d’établir des balises

Les fusions qui ont donné naissance la nouvelle ville de Montréal mènent-elles à une plus grande centralisation? Réponse : oui. Par ailleurs, il y a au niveau des arrondissements des pouvoirs réels et importants. Un autre enjeu de taille pour la nouvelle Ville est la formidable différence de dotation qui caractérise les divers arrondissements. Dans le cadre de cette centralisation, certains acquis risquent de disparaître comme, par exemple, l’exemption de taxe d’eau pour les aînés dans les arrondissements, où une telle taxe existait, et les services de garde pendant l’été qui étaient les résultats d’ententes locales.

La décentralisation des pouvoirs et des leviers fiscaux vers les villes est-elle souhaitable? L’atelier penchait en faveur d’une réponse positive mais définissait des préalables importants tels que l’établissement de normes nationales.

Lucien Pigeon pour Justiceplus   514-624-4633

Le Mémoire de la Démocratie Contractuelle

Approprions-nous le pouvoir

La démocratie actuelle; un pouvoir concentré et déraillé

Renouvellement de la démocratie canadienne

Vers la démocratie participative

Majoritaire_ou_proportionnelle

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La glace fond plus vite que prévu

Vivons nous dans une oligarchie ?

Un régime oligarchique devenu malsain

Deux fois plus d'ouragans dans l'avenir