Démocratie...
Vivez-la ou
perdez-la !
 
Au lieu de permettre le régime actuel de nous projeter vers une longe chute dans le précipice, ne devrions-nous pas nous approprier le pouvoir d'une saine démocratie, le contrôle citoyen de l'action publique?


Pendant la colonisation du Canada, le système Britannique ne s'est pas embarrassé des questions et principes démocratiques. Aujourd'hui ce même régime non seulement cherche à se présenter comme le système démocratique viable mais surtout comme le résultat final, l'apogée du processus historique de l'avènement de la démocratie. Ses idéologues mettent ainsi en avant le suffrage universel et l'égalité devant la loi comme autant de garants indépassables d'un système démocratique.

Mais de quelle démocratie parle-t-on? La démocratie est-elle uniquement le droit de vote et le droit de s'exprimer librement? Or que valent ces droits s'ils ne nous permettent pas de nous doter d'un meilleur régime démocratique ou de se débarrasser ainsi de celui qui est conduit par quelques grands groupes uniquement préoccupés de leurs intérêts?

Implanté il y a plus de 200 ans par les Britanniques, il prévoit aucun moyen par lequel les électeurs puissent contrôler leurs représentants. Une fois élus, soumis à toutes les pressions et toutes les tentations, ils ne sont pourtant absolument plus soumis au contrôle de ceux et celles qui les ont élus. Rien ne permet d'agir pour les empêcher d'oublier ou de renier leurs promesses électorales.

Cela ne signifie évidemment pas que le système actuel ne vaut pas mieux qu'une dictature de banane. Heureusement, les droits démocratiques qui ont été acquis par des luttes souvent très dures dans le passé, comme les droits d'expression, d'organisation, de manifestation et de vote assurent des conditions de lutte aujourd'hui bien meilleures que celles qui existaient il y a un siècle ou qui existent aujourd'hui dans des systèmes dictatoriaux. Nous devons, non seulement les défendre contre toutes les tentatives gouvernementales de les restreindre, mais aussi faire le maximum pour les étendre et imposer leur application à tous, sans distinction de race, de nationalité ou de sexe.

L'égalité devant la loi est uniquement un paravent légal ne pouvant plus masquer la corruption généralisée. Les valses des marionnettes politiciennes deviennent de plus en plus une danse macabre entraînant fonctionnaires, députés, ministres et petits amis. Cependant, les peines encourues, quand elles le sont, sont en proportion ridiculement faible par rapport à celles des condamnés de droits communs. Il vaut mieux être une crapule politicienne démasquée mais assurée d'une quasi-immunité qu'un jeune ayant volé un scooter.

Notre confiance en cette démocratie trop faible pour être efficace fléchit parce que la notion qui nous en a été transmise se révèle trop superficielle. Nous voyons aujourd’hui que la version mince de notre démocratie ne peut nous protéger de la pauvreté qui s’étend ou de l'incompétence gouvernementale qui nous place presque au dernier rang dans la gestion des finances publiques.

Comment parler de démocratie quand les taux d'abstentions aux urnes dépassent souvent les 50% et que la plupart des représentants de la population ne sont donc même plus élus par la majorité des électeurs? La récente élection fédérale opposant les Conservateurs et les Libéraux en est une illustration frappante. Les abstentionnistes ne voient plus l'intérêt de se déplacer aux urnes quand, quelle que soit la couleur politique des partis, ils appliquent globalement la même politique. La population est de plus en plus consciente du fossé qui la sépare des hommes politiques.

Le monde politique est dominé par une élite de soi-disant spécialistes de la politique. Les hommes et les femmes politiques sont pour la plupart issus de familles plus ou moins proches du pouvoir. Le rejet de la politique institutionnelle n'est que le reflet du fait que les électeurs n'ont au bout du compte aucun contrôle sur les décisions. En effet, si les politiciens sont élus sur la base d'un programme ils l'appliquent s'ils le veulent et comme ils le veulent, les électeurs n'ayant de toute façon aucun contrôle. Les seuls qui possèdent un réel pouvoir sur les politiques sont ceux qui détiennent le pouvoir économique.

Face à cela, nombreux sont ceux qui demandent plus de démocratie par la multiplication des référendums, comme ce fut le cas en Belgique. La population a exigé un contrôle plus important sur le pouvoir politique. En réponse, le gouvernement a voté une loi permettant l'établissement d'un référendum au niveau communal. En dernier ressort, c'est le pouvoir qui accorde ou non le référendum et c'est lui qui formule la question, le contrôle de la population est donc plus que réduit.

Une autre idée à la mode est celle de la démocratie participative. En référence à l'expérience tentée à Porto Alegre au Brésil, certains groupes et même certains parlementaires ont avancé l'idée d'organiser certaines instances de la société, principalement dans les villes, en comités de citoyens dans lesquels la population serait consultée sur la façon dont le budget est utilisé. Cependant, il se limite à consulter la population et ne lui permet pas de participer aux prises de décisions.

De tels dispositifs ne peuvent constituer de réelles avancées démocratiques que si la population est réellement associée à l'élaboration des politiques économique et sociale, car la seule garantie d'une réelle démocratie à tous les niveaux de la société réside dans l'adoption d'un régime vraiment démocratique tel que la Démocratie Contractuelle.

Lucien Pigeon, avril 2006

Le Mémoire de la Démocratie Contractuelle

La démocratie actuelle; un pouvoir concentré et déraillé

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Vers la démocratie participative

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