Il semble y avoir des problèmes plus graves à résoudre
dans notre société que celui du mode de représentation
démocratique de la population: pensons à la justice, au chômage,
à l'éducation, aux services sociaux... C'est vrai, mais quelle
que soit l'urgence de remédier aux autres lacunes du système,
il est clair que les changements radicaux qui sont nécessaires pour
le faire ne pourront être appliqués que si les gouvernements
jouissent d'une crédibilité raisonnable.
Or, ce n'est pas le cas: un sondage réalisé pour Actualité
- et qui a fait l'objet d'une large diffusion - a révélé
que 4% seulement de la population a une "très grande confiance
en ses politiciens"..., alors qu'une très grande confiance
de la nation en ses chefs est précisément ce qui est indispensable
pour que ceux-ci puissent entreprendre la transformation qui s'impose.
Non seulement le passage à la démocratie contractuelle
est-il donc un prérequis aux autres changements qui s'imposent,
mais c'est aussi le plus facile à réaliser de ces changements.
Facile, parce qu'une très large majorité de la population
( proportionnelle au nombre de ceux qui n'ont plus confiance aux politiciens)
VEUT un changement du système démocratique et que 80% de
la population, selon une enquête formelle de SONDAGEM, est d'accord
avec les mécanismes concrets de la démocratie contractuelles.
Largement diffusé, le concept de DC peut faire l'objet d'un large
consensus.
Facile, aussi, parce que la mise en place de la démocratie contractuelle
ne se fait pas contre qui que ce soit. Elle change les règles du
jeu, mais ce sont des changements qui le lèsent ni ne favorisent
personne en particulier. La démocratie contractuelle apporte un
contrôle plus efficace par la population de ses gouvernants; ce n'est
pas une arme qui réduirait le pouvoir de ces gouvernants, encore
moins une manoeuvre qui donnerait un avantage clair à l'une ou l'autre
des forces politiques traditionnelles.
Vu le ras-le-boI généralisé de la population,
et l'impartialité de la démocratie contractuelle face aux
grandes questions qui divisent la société, il est réaliste
de penser que la DC peut être instaurée dès les prochaines
élections.
RIEN ne doit être ajouté au concept de la DC qui puisse
amener la rupture du consensus actuel en sa faveur. La démocratie
contractuelle n'est ni souverainiste ni fédéraliste; elle
n'empêche en rien que l'on fasse - ou que l'on ne fasse pas - l'indépendance
du Québec; elle exige seulement que, si on veut la faire, on le
dise AVANT d'être élu et en précisant à quelles
conditions on la fera. Elle n'est ni de gauche ni de droite, et la DC n'empêche
en rien que MM. Lucien Bouchard ou Daniel Johnson - ou tout autre politicien
actuel - soit le prochain Premier Ministre du Québec; elle exige
seulement que celui qui sera élu respecte les engagements qu'il
aura pris envers la population.